• La critique ciné devenue bas de gamme ?

     

    Il n'y a pas si longtemps, Quentin Tarantino se désolait du niveau de la critique cinématographique d'aujourd'hui...

    https://www.lefigaro.fr/cinema/tarantino-se-desole-du-niveau-des-critiques-de-cinema-aujourd-hui-20200601

    Pour moi, il n'a pas tout à fait tort... J'en vois déjà beaucoup sur Twitter ou Facebook, qui, lassés d'écrire "dans le vent" ne consacrent plus que quelques vagues appréciations écrites à un film quel que soit sa durée, ou jettent l'éponge faute de lecteurs assidus.

    Nous sommes aussi dans le monde de l'instantané. Les cinéphiles sont avant tout des consommateurs. Et les consommateurs veulent tout avoir, et tout de suite. La plupart des fans de films/séries préfèrent se fier à une moyenne de notation générale que de consulter des avis plus aiguisés, quand bien même ces écrits seraient agréables à lire... Ne me dites pas le contraire, cela m'est déjà arrivé ;-). 

    Peut-on d'ailleurs leur en vouloir ? ils sont dans l'urgence, à court de séries ou de films, et n'ont pas forcément le temps ni l'envie d'en savoir plus. 

     

                 Quel est avenir de la critique cinéma sous la forme écrite ?

     

    La critique "canal historique", c'est à dire sous format papier, se meurt. Sous le format de l'écrit, elle subsiste encore quand même sur la toile mais la profusion de Youtubeurs/Youtubeuses semble amorcer une tendance, qui je l'espère, n'est qu'un effet de mode.

    Je ne me résoudrai jamais à ce que la critique écrite s'éteigne. Je pense qu'il existera encore et toujours d'irréductibles gaulois qui s'échineront à la faire perdurer. 


    Là où Quentin Tarantino touche du doigt un problème majeur, c'est sûrement dans la forme.
     Trop cadrée/stéréotypée, la critique cinématographique peut devenir aussi lassante pour le rédacteur que pour le lecteur. 
    Permettez-moi cette confidence, il m'est en effet arrivé de me lasser, parfois, de ressentir comme un devoir de parler de tous les aspects d'un film. Le jargon cinématographique restant peu ou prou le même, le rédacteur peut avoir le sentiment de se retrouver prisonnier d'une cage littéraire.

    Cette cage, en tant que rédacteur, c'est à nous de l'ouvrir. "Ouvrez la cage aux oiseaux" disait une célèbre chanson. C'est à nous aussi de lutter pour que les critiques sous forme de montages vidéos ne finissent pas par achever définitivement l'écrit.
     
    Aux littéraires  d'innover, de construire de bâtir un monde nouveau des critiques cinématographiques écrites capables de rivaliser avec celles émises sous formes de montages vidéos.

     

     
     
    L' ECUEIL PRINCIPAL DE LA CRITIQUE ECRITE SUR INTERNET  : LE SEO

      

    Etant par ailleurs déjà webmaster d'un site de critiques ciné, j'ai la chance de pouvoir parler de ce que je connais, du moins en ce qui concerne la forme d'un article.
     

    Sur une plateforme de blogging comme celle-ci, par exemple, nul besoin de faire attention à la forme comme au fond...

    Ici, pas de SEO à respecter, vous écrivez comme bon vous semble...C'est d'ailleurs aussi pour cela que j'aime bien y revenir ;-)  

    Alors, le voilà, l'ennemi juré, le SEO, pour un littéraire pur jus qui se lance dans le grand bain de la création d'un site web. Pour les profanes qui ne savent pas ce que veut dire SEO, il s'agit simplement de respecter différents critères de lisibilité imposés par les moteurs de recherche.

    Si vous ne respectez pas ces critères de lisibilité ou si vous vous en éloignez trop, votre site sera mal classé, relégué dans les abysses de Google.  Ainsi, dans l'absolu, si vous ne respectez pas le sacro-saint SEO, votre site ne sera lu par personne. 

    Essayez d'être webmaster, vous verrez. Au début, c'est la soupe à la grimace, surtout quand vous aimez la liberté d'écrire. 

    En effet, le SEO vous impose par exemple de réduire vos phrases à 20 mots maximum, d'employer régulièrement des termes comme "parce que", "car", "donc", censés faciliter la lecture de vos articles.

    Et ce ne sont que quelques exemples, choisis parmi les plus contraignants. Tiens, c'est bizarre, le SEO me rappelle le titre d'un très bon film, "les sentiers de la perdition" (2002)... 

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  • WestWorld (saison 3)

     

    Le démarrage de la saison 3 commence par une grande satisfaction :  celle de revoir Dolorès (l'actrice Evan Rachel Wood) dans un tout autre univers que celui du Far West.

    Un univers "high tech", l'univers de humains, où en théorie, toutes les portes lui sont ouvertes pour la vengeance. Au début, c'est extrêmement plaisant....D'abord parce que les gadgets technologiques (motos qui obéissent au doigt et à l'oeil,  hologrammes de personnages, voitures volantes automatisées) nous font tournoyer la tête.

    Ensuite parce que Dolorès semble toujours avoir un coup d'avance, et qu'en tant que français, il faut bien reconnaître que Vincent Cassel assure "un max" en tant que grand architecte de cet univers fantasmagorique.

    Et puis, les épisodes s'accumulent. Les longueurs aussi. Et l'on se lasse. On se lasse de voir Dolorès transformée en Terminator de service alors qu'elle se contentait de remercier le galant homme qui lui ramassait sa boîte de conserve tombée au sol dans la première saison. On regrette ce temps béni où elle regardait les couchers de soleil avec son prétendant d'alors, son prince charmant robotisé.

    Nous voilà au temps des échanges de tirs avec des fusils mitrailleurs hig tech jusqu'à plus soif, des escarmouches à coups de katanas entre hôtes dans un monde qui brille par son caractère superficiel et interchangeable à souhait. 

    Comme dans la deuxième saison, l'on perd le fil facilement et certaines scènes font soupirer, voire bayer aux corneilles. Comme dans la deuxième saison, le scénariste joue trop sur cette étroite ressemblance entre "hôtes" et humains. Comme dans la deuxième saison, le scénario nous perd complètement et nous donne l'impression de ne pas avoir de direction clairement établie. 

    Pas éblouissant, tout ça. Ou peut être trop, finalement. Comme si l'on nous en mettait plein les mirettes pour masquer les insuffisances notoires du scénario.

    Quelques bons points à distribuer dans le casting, comme je le disais précédemment, avec la présence remarquée et remarquable de Vincent Cassel. Même le charme hypnotisant de Evan Rachel Wood ne suffit pas ou plus pour redonner un second souffle à la série.

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  • Keeping Faith (Saison 2)

    Crédit photo et vidéo : BBC Wales 

     

    Je vous rappelle que vous pouvez suivre ma critique de la saison 1 de cette série en cliquant sur ce lien.

    Dans l'ensemble, cette saison est bien moins addictive que la première, surtout parce que l'énigme principale (la disparition du mari de Faith) a été résolue.

    Cette deuxième saison s'appuie surtout sur le capital sympathie de Faith, laquelle est confrontée à des maîtres chanteurs, de multiples mensonges et l'hypocrisie de son entourage.

    Faith va batailler pour reconstruire sa vie tant bien mal, établir les bases d'une vie familiale équilibrée, renouer avec son métier (avocate)... le tout en jonglant avec ses impératifs familiaux de mère.

    Fort heureusement, elle pourra compter sur quelques personnages secondaires de la première saison qui seront précieux pour l'épauler dans son rôle de mère de famille.

    Un personnage est amené à prendre plus d'importance au fil du temps dans le coeur de Faith : Steve Baldini, incarné par le quinquagénaire acteur anglo-saxon Mark Lewis Jones, dont le physique n'est pas sans rappeler celui de l'acteur français André Dussolier. (ci-dessous)

    Keeping Faith (Saison 2)

    La série, à bout de souffle, a le plus grand mal à demeurer attractive, et se cramponne à quelques points non éclaircis de la première saison pour vivoter. Elle introduit aussi un nouveau personnage (un enquêteur incarné par Rhashan Stone) qui devient un véritable poison pour tout ce beau monde. 

    Bizarrerie notable,  l'actrice irlandaise Angeline Ball (incarnant Gaelle) est remplacée au pied levé dans la deuxième saison par une autre actrice (Anastasia Hille) qui ne présente aucune ressemblance physique avec celle qu'elle remplace...

    Angelie Ball (Gaelle, 

    première saison)

    Keeping Faith (Saison 2) 

     

    Anastasia Hille (Gaelle,

    deuxième saison) 

    Keeping Faith (Saison 2)

     

    Ce remplacement est assez inédit dans une série et plutôt perturbant. Une saison 3 serait commandée par BBC Wales... J'ai bien peur qu'outre les paysages merveilleux des côtes galloises, elle n'ait pas grand chose de plus à proposer. Je ne me risquerai pas à aller plus loin.

     

    MA NOTE (saison 2) : 5,5/10

     

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  •  

    La saison 1 était déjà très prenante, rappelez-vous, je l'avais notée ici.

    Notée 7,5/10 sans hésitation de ma part au premier volet, la saison 2 ne baisse pas le pied...Bien au contraire, elle élève encore le débat sur la conspiration politique, révélant l'existence d'une pieuvre nationaliste ("la reichswehr noire") aux ramifications profondes dans la police et l'armée allemande.

    Gereon se verra confier des missions hautement risquées, dont celle de démonter un complot visant les plus hautes autorités politiques en place.

    Question intrigues, nous sommes sur des sables mouvants. Elles sont en effet sans cesse renouvelées: enquête sur le meurtre d'un collaborateur proche de Gereon, bataille pour identifier un train recelant des quantités impressionnantes d'or, etc...

    Et puis, il y'a les personnalités de Gereon et Charlotte. Gereon est ambitieux, honnête et fiable, mais il souffre encore énormément psychologiquement de la perte de son frère sur le champ de bataille...Sans compter son amour inconditionnel pour la compagne de son défunt frère, amour qui le gène horriblement...Cela n'empêche pas cet amour d'exploser à l'écran même s'il reste discret aux yeux du monde, nous dévoilant au passage de très belles images de la passion et de l'insouciance.

    En tant qu'assistante dans la police criminelle, Charlotte Ritter est un diamant brut dont Gereon ne saurait se passer. Charlotte brille par ses observations, sa perspicacité, sa volonté permanente de se sortir de sa condition sociale misérable.

    Les interprétations de Liv Lisa Fries (Charlotte) et de Volker Bruch (Gereon) ne faiblissent pas... Les trois derniers épisodes, assez intenses émotionnellement parlant, vont souder ce duo Gereon/Charlotte qui ne connaîtra guère de répit. 

    Il n'y a pas à dire : La chaîne Canal + ne s'est pas trompée en choisissant cette série dans ses diffusions régulières...

    MA NOTE (SAISON 2) : 8/10

     

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  •  

    L'actrice et les critiques cinématographiques

    On l'a vu récemment avec l'affaire Harvey Weinstein, qui a connu d'autres soubresauts dernièrement (voir ici), puis l'affaire Polanski, qui crée une immense vague de contestation pour les César (voir ici), la place des actrices dans le septième art est pour le moins compliquée.

    La plupart des lieux de pouvoir sont hantés par des hommes, et certains sont tentés d'user et d'abuser de ce fameux pouvoir. 

    Il y'a quelques mois, je suis tombé sur une misandre de la pire espèce. De celles qui considèrent sûrement que les hommes sont tous les mêmes...Je ne sais pas si elle était aigrie ou si elle toujours été comme ça. Et je viens d'avoir l'explication, récemment, de son comportement misandre. 

    A l'époque, je lui avais répondu qu'elle se trompait de cible...Mais mes explications ne lui suffisaient jamais, il fallait toujours qu'elle en rajoute sur le comportement des hommes en général, puisque, pour elle, nous étions tous "comme ça", qu'il n'y avait rien à changer et que la matrice restait la même, quoi que l'on puisse faire ou penser.    

    Toujours est-il qu'elle m'a quand même interpellée, surtout avec cette pique : "et toi qu'est ce que tu fais pour le féminisme ?" 

    Ce qui me paraissait important de lui préciser, c'est que je ne considère pas les femmes comme des objets. Pour moi, c'était déjà un énorme effort que de ne pas les siffler pas dans les rues ou de ne pas avoir de comportements déplacés...

    Mais en y songeant bien, je dirais que tout ça n'est pas ou plus suffisant dans le monde d'aujourd'hui, qu'il s'agit juste du comportement de quelqu'un de respectueux. Tous les hommes devraient se comporter ainsi, c'est la normalité. Il faudrait aller plus loin encore, comme dénoncer les comportements sexistes, mysogines ou insultants pour les femmes, sans vouloir faire du "populisme féministe". Bref, les mentalités de la gente masculine doivent encore évoluer considérablement sur ce point.

     

    Dans les critiques de cinéma...

    Un autre jour, je tombe sur un tweet qui dit en substance ceci "on ne parle jamais des performances artistiques des actrices. On évoque toujours leur beauté plastique, c'est tout".

    J'ai réfléchis longuement à ce tweet. Il était court mais percutant. En même temps, il a résonné longuement dans ma tête, comme si quelque chose avait fait "tilt"...Et j'ai relu mes critiques, parce qu'il me semblait nécessaire de le faire pour y chercher ce qui clochait vis à vis de la condition des actrices. 

    En cherchant bien, j'ai trouvé cette critique où je qualifie Rachel Weisz de sublime sans même évoquer un seul instant ses talents d'actrice. J'en étais à mes débuts, mais il y'a sûrement d'autres exemples, mais certainement moins que je ne l'imaginais. Est-ce à dire que je suis "clean" là dessus et que mes critiques sont teintées de féminisme ? pas toujours, et je le pense honnêtement.

    Cela veut dire qu'il y'a encore un travail à effectuer sur nous-même, en tant que critiques cinématographiques, pour le respect parfait de la condition féminine...Et il y'aura toujours à faire, tant que  quelques personnes de la gente masculine continueront de considérer les femmes comme des êtres inférieurs. 

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