• Alice et le Maire (film, 2019)

     Crédit Photo et Vidéo : BACFILMS

     

    Résumé : Paul Théraneau, maire de Lyon, est à court d'idées pour son agglomération. Est-ce l'exercice du pouvoir qui l'a usé ? La philosophe Alice Heimann est appelée à la rescousse pour l'aider à remonter la pente. Entre ces deux personnages, une complicité improbable va naître.  

     

    Nicolas Pariser est un jeune réalisateur qui est manifestement épris des sujets politiques. Ce goût prononcé pour les arcanes du pouvoir serait hérité de certaines de ses années à l'université où il aurait étudié le droit constitutionnel, dixit l'association "Ecran d'Opale", dont l'un de ses représentants nous a présenté le film et son auteur.

    Passé auparavant par quelques critiques cinématographiques puis par la case "art et essai", il est monté progressivement en puissance ces dernières années, récoltant de nombreux prix pour ses courts et longs- métrages. (le dernier en date en 2015 pour le long métrage le grand jeu, bande annonce ici).

    Quand d'autres préfèrent l'antiparlementarisme ou plus souvent l'approche "complotiste" pour traiter de la chose politique, le regard de Nicolas Pariser sur son thème fétiche est clairement plus doux et pragmatique. 

    Car il s'agit ici de s'interroger uniquement sur les tourments d'un maire socialiste (Fabrice Lucchini, sémillant aire de Lyon), qui semble à bout de course, peut être éreinté par l'exercice du pouvoir et qui n'a plus d'autre choix que de s'en remettre à une jeune philosophe pour tenter de retrouver des idées novatrices.

    Pour incarner cette muse, c'est l'actrice Anaïs Demoustier ("sauver ou périr", "au poste" pour ne citer que ses dernières apparitions) qui a été choisie. Sa fraîcheur et son naturel apportent comme une note sucrée/salée dans le duo avec Lucchini : son personnage méconnaît totalement le jargon politique, les luttes intestines et les us et coutumes d'une grande mairie, ce qui rend les situations parfois cocasses.     

    Certes, le spectateur lambda pourra peut être se sentir en décalage, voire en déconnexion totale avec ces considérations politiciennes qui le dépasse. Mais Alice et le Maire représente comme une ravissante fenêtre sur cour dans un microcosme politique méconnu, un portrait coloré et assez divertissant du monde politique d'une grande ville.

     

    MA NOTE GENERALE : 6,5/10 

      

     

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    Crédit photo et vidéo : Copperheart Entertainment, NETFLIX

     

    Résumé : Un couple s'aventure dans un champs d'herbes hautes pour venir en aide à un enfant qui semble perdu. Mais ils découvrent progressivement que ce champs n'est pas comme les autres.

     

    N'ayant pas lu le roman de Stephen King qui a inspiré ce film, il me sera impossible d'effectuer un comparatif. Je jugerai donc cette oeuvre uniquement sur sa qualité cinématographique.

    D'emblée, il est difficile de s'y tromper : "la patte" de Stephen King est bien visible. L'intrigue monte d'un cran à proximité d'un champs d'herbes hautes d'où proviennent des appels à l'aide d'un jeune garçon...Cela ne vous rappelle pas de grands classiques de cet auteur ?

    Par la suite, le scénario s'égare également au moins autant que les personnages, et l'on se demande parfois si l'on ne baigne pas en territoire "nanar". Est-ce que le réalisateur a pris des libertés avec le roman ou est-ce le récit lui même qui manquait de mordant?

    La sensation d'oppression est parfaitement palpable, mais beaucoup trop d'aspects du scénario sont nébuleux, fantaisistes, ou taillés à la va-vite. Les acteurs eux mêmes n'ont que peu de réelles occasions de s'exprimer, résignés à débiter des répliques ou à adopter des comportements, passez-moi l'expression, d'un genre "walking Deadien". 

    Le scénario retrouve tout juste un peu de clarté sur le final et apporte une petite bouffée d'oxygène. Car convenons-en, même un irréductible fan du cinéma fantastique apprécie quand même la cohérence...Une excursion en labyrinthe maudit bien trop juste à plus d'un titre.

     

     MA NOTE GENERALE : 5/10

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  •  In the Shadow of the Moon (film, 2019)

                                        Crédit Photo et vidéo : NETFLIX, Automatik, Nightshade

     

    Résumé : Un policier s'échine à tenter d'arrêter un tueur aux méthodes étranges, qui défient les lois naturelles.

     

    Tout part de ce qui ressemble à un attentat, au coeur d'une mégapole américaine, à une époque inconnue...Quelques documents volent au gré du vent, et les premiers indices s'étalent déjà comme le nez au milieu du visage, du moins pour ceux qui en connaissent un minimum sur l'histoire des Etats-Unis. 

    Des citoyens américains ordinaires, à priori sans liens entre eux, sont assassinés avec une arme bien étrange à des époques différentes... A chaque meurtre, les indices s'accumulent : ici un drapeau, là un homme politique américain bien connu de l'histoire américaine.

    Les policiers américains sont au trousse de ce tueur sans pitié qui prend un malin plaisir à réapparaître alors que l'affaire semblait définitivement close.

    Le mystère sur la raison de ces meurtres, malheureusement, disparaît bien vite, et il ne faut pas spécialement disposer du flair légendaire d'un certain Columbo pour deviner la suite des événements : le scénario est cousu de fil blanc jusqu'au final.

    J'aurais plutôt tendance à être indulgent avec cette production pour au moins deux motifs : d'abord, la surprise agréable de revoir un Michael C. Hall (Dexter, Safe) assez persuasif dans la peau d'un flic et assez bien entouré...Ensuite, il faut quand même reconnaître quelques rares bonnes idées ici et là. (arme du crime et décors, surtout). 

    Même en étant "bon public", le fait que ce film pique bien trop fréquemment bon nombre de ses références dans d'autres productions agace un peu. Manque d'originalité, de profondeur et de volonté manifeste de marquer les esprits, ne serait-ce que par les dialogues. 

     

     MA NOTE GENERALE : 5,5/10

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Unbelievable (série, 2019)

    Crédit Photo et vidéo : NETFLIX

     

    Résumé : Marie Adler est une jeune femme défavorisée qui peine à se réinsérer. Une nuit, elle appelle la police pour un viol qu'elle aurait subi dans la nuit. Devant les doutes de sa famille d'accueil sur sa santé mentale et le manque de preuve concrètes du viol, les policiers classent l'affaire et Marie se retrouve inculpée pour fausse déclaration. Quelques années plus tard, l'inspectrice Duvall enquête sur des faits similaires commis dans un autre état, et s'aperçoit qu'au moins un autre cas du même genre a été signalé dans un district voisin...De fil en aiguille, l'inspectrice Duvall devra coopérer avec l'inspectrice Rasmussen pour retrouver le coupable de ces viols qui semble connaître toutes les techniques pour échapper à la police...

     

    Le premier marqueur de cette série est de vouloir s'intéresser à un violeur relativement insaisissable, et non pas à un tueur en série comme il est coutumier de le faire. Deuxième idée magistrale et relativement peu courante, les personnes chargées d'enquêter sont deux femmes dont les caractères divergent au moins autant que leurs visions respectives de l'enquête.

    Unbelievable semble bien plus proche de la réalité du travail "des fédéraux" que n'importe quelle autre série du même genre, en divulguant un catalogue impressionnant, et parfois curieux, d'obstacles aux enquêtes...

    En effet, outre la psychologie des victimes et les pressions parfois pesantes de leur entourage direct, "les fédéraux" vont voir s'accumuler bien d'autres contraintes, notamment matérielles (logiciels inadaptés), géographiques (chaque comté ou état travaillant dans "son coin"), ou encore de droit (difficulté d'obtention de mandats de perquisition, par exemple).

    La partie s'annonce donc serrée, d'autant que le violeur est particulièrement précautionneux et laisse très peu d'indices derrière lui. 

    Kaitlyn Dever est vraiment émouvante dans le rôle de Marie Adler, elle représente une sorte de point d'ancrage permanent à cette histoire, en revenant régulièrement dans le récit à l'occasion de parenthèses.

    Quant aux deux inspectrices (dignement représentées à l'écran par Toni Collette et Merrit Wever), elles accomplissent ni plus ni moins que leur devoir, parfois dans le doute et le stress, mais le plus souvent avec conviction. 

    Scénario royal et imprévisible, interprétations impressionnantes de justesse et cadrages aux petits oignons. N'en jetez plus. Sûrement la perle du moment pour ceux qui aiment les thrillers et les enquêtes policières.

     

    MA NOTE GENERALE (saison 1) : 8/10 

     

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    J’ai le plaisir de recevoir sur mon blog l’actrice Tiphaine Daviot, qui compte déjà de nombreuses années de carrière cinématographique, avec pas moins de 12 films et séries tournés (voir ici).
    Au sein de ces dernières productions, se trouvent notamment Hippocrate (film, 2014), L’ascension (film, 2017) pour n’en citer que quelques unes parmi les plus connues, mais aussi quelques web-séries (Machine/Machinette, Yes I do) et des courts-métrages (les Bigornaux, James Murdock et le Retour de Xanto).
    Tiphaine, merci de te prêter au jeu de cette interview.
    Question un peu banale pour commencer. Etre actrice a-t-il toujours été un rêve pour toi ou une révélation tardive ?
    Rêve d’enfant ! Depuis toute petite déjà….Après entre le fantasme et la réalité...
    Tu es issue de l’école de Théâtre «Les enfants terribles», fondée en 1993 par l’ancien comédien Jean-Bernard Feitussi. Pourquoi avoir choisi cette école pour te perfectionner et pas une autre ? Quels souvenirs marquants en gardes-tu ?
    Je l’ai choisie parce que j’aimais bien le titre, haha !  Véridique, je me disais que c’était cool d’être une enfant terrible. J'avais une très chouette promo et de très chouettes profs ;)
    Lorsque l’on regarde ton parcours avec beaucoup de recul, tes interprétations de personnages au début des années 2010 dans «Plus belle la vie», «Joséphine Ange Gardien» ou «Commissaire Magellan» semblent avoir lancé ta carrière. Peut-on considérer cette affirmation comme vraie ? Quelles sont les personnes qui t’ont vraiment aidée à franchir les paliers de la figuration ou des seconds rôles ?
    Cela n’a pas lancé ma carrière…cela m’a juste nourrie et permis de payer mon loyer. Les bigorneaux, zone blanche ou HP, ont lancé ma carrière. Goal of the dead aussi un peu ;)
    Je n’ai jamais fait de figu. Mais le premier rôle des bigorneaux qui est un court et qui a reçu le César l’année dernière ainsi qu'un joli second rôle dans "Zone blanche" sur France 2, m’ont beaucoup aidée.
                                                                               Extraits : les bigorneaux
    Au sujet des rôles, justement … Quels sont ceux que tu affectionnes particulièrement et pourquoi ? Est-ce que tu as déjà refusé des rôles ou des scénarios ?
    J’aime les histoires. Et notamment celles que j’aimerais regarder en tant que spectatrice. Donc peu importe le moyen (ciné/télé/plateforme..) Oui, j’ai déjà refusé pas mal de projets qui ne me motivaient pas, que je n’avais pas envie de défendre. Le rôle aussi évidemment est primordial. Et j’aime quand on prend des risques (Les films de genre, le fantastique ou encore des sujets qu’on n'a pas l’habitude de traiter…)
    A ton actif, tu comptes déjà beaucoup de longs-métrages, de courts-métrages, de séries et web-séries…N’est-ce pas un peu trop chronophage pour toi, comment gères-tu ton emploi du temps ? Finalement, pourrait-on te voir un jour sur les planches car il ne te manque que ça? 
    Honnêtement non ! En fait, ce qui est compliqué, c’est que c’est toujours tout en même temps. Donc, faut jongler. Et aussi rien en même temps. Faut apprendre à gérer ces moments de vide. Et ils sont beaucoup plus difficiles à appréhender que les moments de rush de boulot.
    En revanche, j’ai démarré par le théâtre, il faut que tu revoies tes fiches haha. J’ai beaucoup joué au théâtre jusqu’à encore il y a peu. J’adorerais remonter sur les planches…
    Quel est l’acteur ou l’actrice qui t’a le plus impressionnée sur les tournages jusqu’à présent ?
    C’est dur cette question. haha. Laurent Capelluto dans Zone Blanche ainsi que Renaud Rutten. Wim Willaert dans HP, monstrueux acteur flamand. Et tellement d’autres et des plus jeunes bien sûr…C’est trop compliqué cette question. En tout cas ce qui m’impressionne, c’est la qualité de l’acteur et la part humaine qui va avec. C’est même capital, quelqu’un de bien quoi.
                                                              Bande annonce Zone Blanche. 
    Avec quel réalisateur aimerais-tu travailler à l’avenir et pour quelle raison ?
    rolalaaaa j’aimerais retravailler avec un paquet avec qui j’ai déjà tourné surtout. Quel pied !
    Question sans langue de bois, un poil philosophique… Avoir une page Wikipédia et un profil «Allociné» n’est-il déjà pas un aboutissement pour un acteur ou une actrice ?
    hahahah non je ne crois pas. Les prix c’est pas mal déjà. Le nom sur une affiche ça fait plaisir aussi ;)
    Merci de ton concours, Tiphaine, je croise les doigts pour la suite de ta carrière dans le cinéma. Est-ce que tu as quelque chose à ajouter?
    Merci :) et non rien à ajouter, merci de ton intérêt et vive les histoires !! On fait un chouette métier.
    Propos recueillis par Alexandre DUQUESNE.
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