• Vol 93 (film, 2005)

    Crédit photo et vidéo : StudioCanal, Universal Pictures

     

    Résumé : reconstitution en temps réel des 90 minutes des attentats du 11 septembre 2001, et en particulier du vol 93, le seul à ne pas avoir atteint sa cible en raison de la révolte de ses passagers. 

     

    On peut parler ici d'un film hommage, puisqu'il a été entièrement réalisé avec l'accord et la collaboration des familles des victimes du vol 93. Par ailleurs, il faut souligner qu'une partie de la recette du film a été versée à un mémorial dédié au vol du même nom, en Pennsylvanie.  

    La reconstitution apparaît comme assez minutieuse, l'on sent qu'un travail de fond a été mené en amont pour qu'aucun des éléments rapportés dans cette production ne soit inventé ou romancé. 

    C'est justement le gros travers de ce film, qui procure parfois la sensation d'assister à un documentaire, une impression confortée par le casting plutôt maigrelet (pas de star majeure d'envergure internationale mais quelques acteurs prometteurs).

    Aucune scène d'action ne se profile avant une heure, ce qui peut sembler un peu long, d'autant que l'on assiste pendant cette fameuse heure à un condensé des événements qui se sont déroulés dans les tours de contrôle et les salles de commandement de l'armée de l'air.

    Fort heureusement, le réalisateur Paul Greengrass (à qui l'on doit notamment Jason Bourne et la vengeance dans la peau) parvient à faire monter graduellement le stress chez le téléspectateur lambda, qui se trouvera parfois perdu ou décontenancé par l'usage du jargon aérien ou militaire.  

    Pour la petite histoire, les acteurs jouant les terroristes ont été complètement séparés du reste du groupe en dehors du tournage, ce qui a permis (avec un certain succès) de reproduire à l'écran le degré de frayeur et d'hostilité qui devait régner entre les pirates de l'air et les passagers. 

    Tout le monde ou presque connait le final. Vol 93 n'apporte aucun éclairage nouveau à cette histoire tragique, mais le jeu parfait des acteurs et l'atmosphère recréée par le réalisateur constituent à eux seuls un bel hommage au courage des ces passagers. Dur et poignant.

     

    MA NOTE GENERALE : 6/10

      

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    Ghostland (2018)

    Crédit photo et Vidéo : 5656 Film

     

    Résumé : Pauline et ses deux filles partent à la découverte d'une maison isolée dont ils viennent d'hériter d'une tante. Dès la première nuit, des inconnus pénètrent dans cette habitation et Pauline devra lutter pour sauver ses deux filles.   

     

    C'est l'histoire d'une femme (incarnée par Mylène Farmer, plutôt bluffante !)  et de ses deux filles adolescentes qui se dirigent en voiture vers une vieille demeure isolée dont ils viennent d'hériter. Chemin faisant, ils croisent un camion au comportement étrange où l'on ne devine que deux silhouettes relativement inquiétantes...

    Lorsque la visite de la vieille demeure s'opère enfin, c'est l'heure des premières frayeurs...Car l'aspect lugubre de cette bâtisse rappelle inévitablement les beaux jours d'un grand classique (Amityville). Les premières secousses émotionnelles seront légères : "des mises en bouche" destinées à nous mettre en appétit avant le grand cauchemar qui s'annonce.

    Puis l'enfer se déclenche soudainement. Dans Ghostland, les cadrages suggèrent d'abord la monstruosité, la difformité des êtres de chair et de sang, bien réels, qui s'en prennent aux occupants de cette maison.

    La violence inouïe se marie avec l'horreur sans transition vraiment marquée. Les agresseurs, eux, sont sans doute les héritiers de massacre à la tronçonneuse, dont ils partagent allègrement le physique (sic), le mode de communication et le niveau de quotient intellectuel (...).

    La suite est beaucoup plus subtile. Une boucle narrative vient couper net cet élan de folie furieuse. Elle s'installe même tellement longtemps que l'on en vient à se poser la question de son intérêt...

    Cette parenthèse installe une douce routine et n'avait, à mon avis, pas grand chose à faire dans ce film car elle casse complètement le rythme endiablé qui s'était installé jusqu'alors.  

    Voilà pour le scénario, qui reprend énormément de vigueur sur les 45 minutes restantes. Beaucoup de cris, d'émotions diffuses, de terreur dans des cadres qui inspirent le malaise ou l'effroi, à grand renfort de jouets et de peluches repoussantes sélectionnées pour leur laideur.

    Outre un scénario somme toute assez plaisant mais légèrement perfectible de mon point de vue, Ghostland réussit à créer une atmosphère particulièrement glauque grâce à son décorum, ses costumes et ses maquillages divins.

    Bien que ce voyage aux confins de l'horreur et de l'innommable touche au but (nous faire peur), il ne laisse guère le talent des acteurs s'exprimer pleinement, les enfermant dans un cadre trop exigu (limité aux expressions faciales, aux onomatopées, aux comportements).

    A déconseiller aux esprits sensibles.

     

    MA NOTE GENERALE : 7/10

     

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  • Monster (film, 2003)

    Crédit photo et vidéo : Patty Jenkins

    Résumé : Le film s'inspire d'une partie du parcours criminel de la tueuse en série Aileen Wuornos, auteur d'au moins sept meurtres entre 1989 et 1990.

     

    Les films sur les parcours des sérials killers ont beau être très nombreux, très peu parlent des trajectoires criminelles des femmes tueuses en série.

    En voici un qui me tentait depuis longtemps, tant j'avais entendu parler de l'interprétation à contre courant de Charlize Theron...

    Complètement méconnaissable physiquement (bouffie, habillée sommairement et probablement affublée d'un dentier), Charlize Theron s'est parfaitement bien imprégnée des mimiques masculines de Aileen, cette jeune femme paumée qu'elle interprète, au point de parvenir sans difficulté à susciter souvent de la peur ou du dégoût.

    L'amour de sa vie (Selby) est incarnée par l'actrice Christina Ricci, plutôt à son aise quand il s'agit d'inspirer de la peine dans l'habit d'une jeune femme émotive et influençable.

    Aileen sera prête à tous les écarts pour lui assurer le train de vie dont elle rêve, quitte à la faire dériver un peu plus vers la marginalité.  

    L'intérêt principal du film est d'essayer de nous faire comprendre comment Aileen en est arrivée à tuer des hommes pour les dépouiller de leur argent. Si le spectateur lambda comprendra rapidement cet aspect de l'histoire et appréciera les prestations des deux actrices et en particulier celle de Charlize Theron, il restera néanmoins sur un sentiment d'inachevé dans beaucoup de domaines : manque de personnages secondaires, de points de vue strictement policiers ou journalistiques, d'approches psychologiques enlevées ou approfondies. 

    Le scénario a un côté "survol" trop synthétique, tout comme les dialogues, d'une sécheresse absolue. Au fond, Monster manque de beaucoup trop de piment pour rentrer dans les strates des oeuvres cinématographiques impérissables sur les criminels en série.

     

    MA NOTE GENERALE : 6/10

     

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    Jeux d'influence (série, 2019)

     

    Crédit Photo et vidéos :  What’s Up Films, Arte France, PICTANOVO, Stenola Productions

     

    Résumé : Suite à l'utilisation d'un pesticide, un agriculteur tombe dans le coma, avant de découvrir qu'il est atteint d'une grave maladie (cancer). Parallèlement,  un responsable de l'entreprise agrochimique "SASKIA" meurt dans des conditions suspectes...

     

    Ceux qui me connaissent bien le savent, je ne suis pas un féru de séries françaises, à de rares exceptions près.

    Jeux d'influence avait beaucoup d'atouts pour susciter mon intérêt, notamment le fait que l'un des rôles majeurs interprète un député de la circonscription de BETHUNE, une ville qui est loin de m'être inconnue...

    En outre, quelques contacts Facebook m'ont conseillé la série, qui bénéficie d'une belle cote du public sur le site Allociné (Voir ici).

    Commençons cette critique par ce qui fait habituellement le sel d'une série : le scénario. En l'espèce, il s'agit de se pencher sur le cas d'un agriculteur, atteint d'un cancer suite à l'utilisation d'un pesticide pour son champ. Dans son malheur, notre homme a de la chance : il est l'ami intime d'un député béthunois...

    C'est l'histoire du pot de terre contre le pot de fer, celui d'un petit paysan contre une firme puissante de l'agrochimie (toute ressemblance avec une firme quelconque serait purement fortuite...), celui d'un "petit" député d'une intégrité irréprochable qui ne souhaite pas forcément jouer le jeu traditionnel des partis et des appareils d'état...

    Dans ce rôle pivot, l'acteur Laurent Stocker (que je ne connaissais pas du tout) m'a vraiment impressionné : droit dans ses bottes, il représente un peu le politique idéal aux yeux du public, plus proche du petit peuple que d'élites parfois méprisantes.

    Vu l'impression que renvoie cet élu, forcément, le téléspectateur de base s'y pique déjà sans crier gare.

    En arrière plan de ces combats (parfois menés à fleurets mouchetés), quelques opportunistes se servent plus ou moins grassement : "de la petite frappe" qui va grapiller un billet pour un sale coup dans la rue à la journaliste politique qui fait jouer son carnet d'adresses et se fourvoie dans des sombres affaires pour un  salaire mirobolant.

    Dans ce dernier rôle, Alix Poisson est divine et prouve à plus d'un réalisateur qu'elle méritait bien mieux que les seconds rôles qui lui étaient dévolus jusqu'alors.

    Côté acteurs, je ne saurais que saluer toutes les performances, n'ayant qu'un temps limité pour souligner les plus marquantes.

    Ainsi vont les arcanes du pouvoir. De tout temps, les lobbys ont effectué des pressions diverses et variées sur ce milieu, mais Jeux d'influence nous propose d'en explorer les pires facettes...Fiction ou réalité ? Que dire, sinon que j'ai été vraiment conquis par tant de talent au mètre carré, et peu m'importe, au fond, si tout cela ne devait être que pure invention ou un complet inventaire d'histoires véridiques.

     

    MA NOTE GENERALE : 8,5/10

     

     

     

     

     


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  •  Wind River (film, 2017)

    Crédit Photo et vidéo ; production Accacia Films Entertainment, Riverstone Pictures, Star Thrower Entertainment
    Synergics Films, Thunder Road Pictures

     

    Résumé : Une jeune femme d'une communauté indienne est retrouvée morte dans la neige, non loin de Wind River (Wyoming, Etats-Unis). Son corps est retrouvé par un chasseur/pisteur (Cory), qui fait appel à la police locale. Le FBI envoie alors une jeune enquêtrice sur place...

     

    Une femme court éperdument dans la neige, fuyant un danger que l'on ignore complètement, pendant que des phrases poétiques parlant d'un monde imaginaire, que l'on devine élaborées par elle même à un autre moment de sa vie, s'égrainent lentement en sourdine. Et puis ? Une première chute, difficile, et l'on perçoit qu'elle n'a plus beaucoup de force.  Après avoir parcouru quelques mètres supplémentaires, elle s'effondre ensuite définitivement dans ce froid polaire, et l'on voit poindre quelques gouttes de sang ici et là.

    Voilà pour la mise en bouche, énigmatique et prometteuse. C'est l'histoire aussi d'hommes qui vivent dans des conditions climatiques extrêmes et qui vont travailler conjointement avec une détective du FBI spécialement dépêchée sur les lieux pour résoudre l'affaire.

    Cela dit en passant, cette enquêtrice sacrément motivée va apprendre, parfois à ses dépens, la rudesse de la vie dans ces contrées reculées ainsi que les us et coutumes "des locaux", très éloignées de la vie habituelle qu'elle a pu connaître dans les mégapoles.

    Wind River (film, 2017)

     

    L'acteur Jérémy Renner (ci-contre à droite) avait le physique de l'emploi pour incarner Cory, l'un de ces hommes accoutumés à ces rudes conditions de vie. Dans ce rôle de chasseurs d'animaux devenu consultant du FBI, son interprétation ne pouvait être plus juste.

    Regard dur, phrases simples et chapeau vissé sur la tête, il incarne à lui tout seul l'image d'une certaine Amérique, habituée à marner pour gagner sa croûte.

     

     

     

    Wind River (film, 2017)

    C'est l'actrice Elizabeth Olsen qui lui donne souvent le change dans les répliques. Wind River n'aime pas les blablas inutiles et se concentre essentiellement sur ce qui est utile à l'enquête, usant seulement de quelques parenthèses émotionnelles pour creuser le vécu douloureux de Cory.

    Dans ce monde si rustre pour elle, l'on se dit immédiatement qu'elle se fera manger toute crue, elle qui n'est pas issue du sérail...

    Elisabeth Olsen n'avait pas un rôle évident à jouer ici, devant d'abord faire le dos rond, puis s'affirmer directrice d'enquête et accessoirement meneuse d'hommes dans un univers particulier qu'elle vient à peine de découvrir.

     

    A l'écran, Jérémy Ronner et Elisabeth Olsen forment l'un de ces duos, très complémentaire, dont l'ambition et hautement affichée : aller jusqu'au bout de ses idéaux de justice quoi qu'il advienne.

    Le scénario est si vivifiant que l'on ne voit vraiment pas s'écouler le temps (1h47) de ce polar glaciaire.

     

    MA NOTE GENERALE : 8,5/10

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