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    Jeux d'influence (série, 2019)

     

    Crédit Photo et vidéos :  What’s Up Films, Arte France, PICTANOVO, Stenola Productions

     

    Résumé : Suite à l'utilisation d'un pesticide, un agriculteur tombe dans le coma, avant de découvrir qu'il est atteint d'une grave maladie (cancer). Parallèlement,  un responsable de l'entreprise agrochimique "SASKIA" meurt dans des conditions suspectes...

     

    Ceux qui me connaissent bien le savent, je ne suis pas un féru de séries françaises, à de rares exceptions près.

    Jeux d'influence avait beaucoup d'atouts pour susciter mon intérêt, notamment le fait que l'un des rôles majeurs interprète un député de la circonscription de BETHUNE, une ville qui est loin de m'être inconnue...

    En outre, quelques contacts Facebook m'ont conseillé la série, qui bénéficie d'une belle cote du public sur le site Allociné (Voir ici).

    Commençons cette critique par ce qui fait habituellement le sel d'une série : le scénario. En l'espèce, il s'agit de se pencher sur le cas d'un agriculteur, atteint d'un cancer suite à l'utilisation d'un pesticide pour son champ. Dans son malheur, notre homme a de la chance : il est l'ami intime d'un député béthunois...

    C'est l'histoire du pot de terre contre le pot de fer, celui d'un petit paysan contre une firme puissante de l'agrochimie (toute ressemblance avec une firme quelconque serait purement fortuite...), celui d'un "petit" député d'une intégrité irréprochable qui ne souhaite pas forcément jouer le jeu traditionnel des partis et des appareils d'état...

    Dans ce rôle pivot, l'acteur Laurent Stocker (que je ne connaissais pas du tout) m'a vraiment impressionné : droit dans ses bottes, il représente un peu le politique idéal aux yeux du public, plus proche du petit peuple que d'élites parfois méprisantes.

    Vu l'impression que renvoie cet élu, forcément, le téléspectateur de base s'y pique déjà sans crier gare.

    En arrière plan de ces combats (parfois menés à fleurets mouchetés), quelques opportunistes se servent plus ou moins grassement : "de la petite frappe" qui va grapiller un billet pour un sale coup dans la rue à la journaliste politique qui fait jouer son carnet d'adresses et se fourvoie dans des sombres affaires pour un  salaire mirobolant.

    Dans ce dernier rôle, Alix Poisson est divine et prouve à plus d'un réalisateur qu'elle méritait bien mieux que les seconds rôles qui lui étaient dévolus jusqu'alors.

    Côté acteurs, je ne saurais que saluer toutes les performances, n'ayant qu'un temps limité pour souligner les plus marquantes.

    Ainsi vont les arcanes du pouvoir. De tout temps, les lobbys ont effectué des pressions diverses et variées sur les milieux, mais Jeux d'influence nous propose d'en explorer les pires facettes...Fiction ou réalité ? Que dire, sinon que j'ai été vraiment conquis par tant de talent au mètre carré, et peu m'importe, au fond, si tout cela ne devait être que pure invention ou un complet inventaire d'histoires véridiques.

     

    MA NOTE GENERALE : 8,5/10

     

     

     

     

     


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  •  Wind River (film, 2017)

    Crédit Photo et vidéo ; production Accacia Films Entertainment, Riverstone Pictures, Star Thrower Entertainment
    Synergics Films, Thunder Road Pictures

     

    Résumé : Une jeune femme d'une communauté indienne est retrouvée morte dans la neige, non loin de Wind River (Wyoming, Etats-Unis). Son corps est retrouvé par un chasseur/pisteur (Cory), qui fait appel à la police locale. Le FBI envoie alors une jeune enquêtrice sur place...

     

    Une femme court éperdument dans la neige, fuyant un danger que l'on ignore complètement, pendant que des phrases poétiques parlant d'un monde imaginaire, que l'on devine élaborées par elle même à un autre moment de sa vie, s'égrainent lentement en sourdine. Et puis ? Une première chute, difficile, et l'on perçoit qu'elle n'a plus beaucoup de force.  Après avoir parcouru quelques mètres supplémentaires, elle s'effondre ensuite définitivement dans ce froid polaire, et l'on voit poindre quelques gouttes de sang ici et là.

    Voilà pour la mise en bouche, énigmatique et prometteuse. C'est l'histoire aussi d'hommes qui vivent dans des conditions climatiques extrêmes et qui vont travailler conjointement avec une détective du FBI spécialement dépêchée sur les lieux pour résoudre l'affaire.

    Cela dit en passant, cette enquêtrice sacrément motivée va apprendre, parfois à ses dépens, la rudesse de la vie dans ces contrées reculées ainsi que les us et coutumes "des locaux", très éloignées de la vie habituelle qu'elle a pu connaître dans les mégapoles.

    Wind River (film, 2017)

     

    L'acteur Jérémy Renner (ci-contre à droite) avait le physique de l'emploi pour incarner Cory, l'un de ces hommes accoutumés à ces rudes conditions de vie. Dans ce rôle de chasseurs d'animaux devenu consultant du FBI, son interprétation ne pouvait être plus juste.

    Regard dur, phrases simples et chapeau vissé sur la tête, il incarne à lui tout seul l'image d'une certaine Amérique, habituée à marner pour gagner sa croûte.

     

     

     

    Wind River (film, 2017)

    C'est l'actrice Elizabeth Olsen qui lui donne souvent le change dans les répliques. Wind River n'aime pas les blablas inutiles et se concentre essentiellement sur ce qui est utile à l'enquête, usant seulement de quelques parenthèses émotionnelles pour creuser le vécu douloureux de Cory.

    Dans ce monde si rustre pour elle, l'on se dit immédiatement qu'elle se fera manger toute crue, elle qui n'est pas issue du sérail...

    Elisabeth Olsen n'avait pas un rôle évident à jouer ici, devant d'abord faire le dos rond, puis s'affirmer directrice d'enquête et accessoirement meneuse d'hommes dans un univers particulier qu'elle vient à peine de découvrir.

     

    A l'écran, Jérémy Ronner et Elisabeth Olsen forment l'un de ces duos, très complémentaire, dont l'ambition et hautement affichée : aller jusqu'au bout de ses idéaux de justice quoi qu'il advienne.

    Le scénario est si vivifiant que l'on ne voit vraiment pas s'écouler le temps (1h47) de ce polar glaciaire.

     

    MA NOTE GENERALE : 8,5/10

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    Pour cette toute première interview, j’ai le plaisir de recevoir Tamara Kozo, directrice de casting.

    Tamara, Bonjour. Merci d’avoir accepté mon invitation.

     

     

     

     Tout d’abord...Est-ce que tu peux nous expliquer concrètement d’où provient cette passion que tu nourris pour le cinéma? A quand remonte-t-elle du plus loin que tu puisses te souvenir?

     

    J’ai découvert le cinéma assez tard, il y a une dizaine d’années. J’ai commencé à travailler dans le cinéma sans en avoir rêvé, sans même savoir que c’était possible et sans être vraiment cinéphile. Je m’y suis intéressée en voyant les films se faire de l’intérieur, en étant au cœur de la fabrication. Au fil des années, j’ai observé les réalisateurs, leur manière de diriger les acteurs, mais aussi les techniciens : assistants réalisateurs, accessoiristes, décorateurs, costumiers, maquilleurs, et un peu plus tard je me suis mise à observer aussi le chef-opérateur, le travail de la lumière et de la machinerie.

    J’ai la sensation que tous ces moments passés sur les plateaux ont infusé en moi lentement mais surement, jusqu’au jour où j’ai eu à mon tour l’envie d’écrire et de réaliser. Je continue mon travail de casting mais entre chaque film, j’écris. C’est long, exigeant, mais passionnant.

     

     

    Je suis producteur, je veux faire appel à tes services de directrice de casting...Comment cela se passe-t-il concrètement?

     

    Tu prends ton téléphone et tu m’appelles ! (rire)

    Concrètement, tu m’envoies le scénario, tu me parles du film, de ses spécificités et si je suis partante et disponible, on travaille ensemble.

     

    Tu es réputée pour ton travail de casting effectué notamment pour «Au service de la France » (série, 2015), « Un Village Français » (série, saisons 3/4/5 2010-2014), « Le Bureau des Légendes » (série, saison 4 - 2018), « L’étudiante et M. Henri » (long-métrage d’I.Calberac) ou encore dernièrement les deux films de Grand Corps Malade et Mehdi Idir « Patients » (2017) et « La Vie scolaire » (2019) qui sort dans quelques jours, le 28 août. Pour toi, quelles sont les qualités indispensables d’un candidat pour passer l’épreuve du casting ? 

     

    Les acteurs qui réussissent leur casting sont ceux qui sont eux-mêmes. Ils servent le personnage avec ce qu’ils sont, sans chercher à prouver ni qu’ils sont bons acteurs, ni qu’ils ont compris ce qu’on attendait d’eux. Nous-mêmes, on a une idée de ce qu’on cherche, mais on continue à interroger le rôle et le personnage avec l’acteur.

    On ne cherche pas des techniciens du jeu, on cherche à voir la part d’humanité que l’acteur peut apporter, plus ou moins consciemment, au personnage. C’est dans ces moments que nous avons les plus beaux coups de cœur. 

     

    Est-il déjà arrivé que des candidats craquent nerveusement lors des auditions ? Comment aborder ce problème ? Est-ce qu’il est déjà arrivé de «repêcher» des candidats ?

     

    Ca peut arriver qu’un acteur craque ou perde ses moyens, ce n’est vraiment pas le plus courant et c’est généralement à cause du stress et de la pression que l’acteur se mets lui-même. Je suis de l’école de la bienveillance. Je suis là pour accompagner l’acteur et l’aider à donner le meilleur de lui-même, certainement pas pour le déstabiliser. Dans ces cas là, on prends le temps d’évacuer le stress et de se recentrer sur ce pour quoi on est là : jouer !

    Au fil du temps, on voit les acteurs sur différents castings, pour différents rôles. Ce n’est pas parce qu’un acteur passe à côté de son casting une fois qu’il est à tout jamais banni des castings à venir. On travaille ensemble, sur le long terme.

     

    Sur le net, difficile de trouver des références concernant ta filmographie alors que tu es aussi souvent présentée comme une actrice, peux-tu nous en dire plus sur cet aspect de ta carrière ?

     

    Ahahah, non je ne peux pas. Tout simplement parce que je ne suis pas actrice, je ne l’ai pas été et je ne souhaite pas le devenir. Il m’est arrivé de faire une ou deux micro-interventions parce que ça dépannait le 1er assistant ou que le réalisateur me le demandait et que c’était hors-champs. Mon nom a été mis dans la case vide en face du nom du rôle, et internet l’a relayé. Mais ça ne fait pas de moi une actrice, loin de là !

     

    Quels sont tes projets futurs en matière cinématographique ?

     

    Je viens d’écrire et de réaliser un très court-métrage « 1 CONTRE 1 » pour le Festival Tapis bleu. Le film a remporté 3 prix : prix du jury, prix du public et prix de la meilleure interprétation masculine pour Hocine Mokando et Mahamadou Sangaré.

    Il commence sa vie en festivals, j’espère que beaucoup de gens auront l’occasion de le voir.

    J’ai écrit deux autres court-métrages que je souhaite réaliser prochainement, et je commence l’écriture d’un long-métrage, mais ça ce sera pour plus tard. Ca prends du temps, je ne souhaite pas griller des étapes. J’y vais marche après marche, mais j’y vais.

     

    Que pourrais-tu nous dire sur «La vie scolaire» qui donnerait envie de le voir au cinéma ?

     

    Il y a mille raisons d’aller voir ce film. Pour n’en citer que quelques-unes :

     

    -    Si vous avez aimé « Patients », vous allez adorer « La Vie Scolaire ». Ce n’est pas du tout le même sujet, ni le même univers, mais c’est le même ton. L’ambiance est à la vanne et à la punchline, le ton est léger sans éviter les émotions plus fortes, et le sujet est bien plus profond qu’il n’y paraît.

    -    Le film traite de thématiques sensibles sans être partisan et c’est sa force. On parvient à avoir de l’empathie autant pour ces jeunes de quartier drôles, attachants, insolents, égarés et parfois violents, que pour une équipe pédagogique concernée, motivée mais désabusée et impuissante face au système éducatif actuel. Le film nous permets de saisir les enjeux et les problématiques de chacun.

    -    Les acteurs sont bons, notamment des jeunes que vous allez découvrir puisque c’est leur 1er film.

    -   J’ai suivi l’équipe et les acteurs sur plusieurs avant-premières, l’accueil a été à chaque fois chaleureux et unanime. Au-delà de l’engagement affectif que je peux avoir pour ce film, c’est un bon film, c’est ceux qui l’ont vus qui le disent !

     

    A titre personnel, c’est un de mes meilleurs souvenirs de tournage. J’y ai fait le casting de la figuration et de quelques petits rôles. Depuis, je garde un lien avec les gens que j’ai rencontrés au Franc-Moisin, la cité dans laquelle on a tourné. C’est d’ailleurs là que j’ai tourné « 1 CONTRE 1 », mon court-métrage.

     

    Le milieu du cinéma vit-il toujours bien les critiques cinématographiques ? Quel est ton point de vue sur ces cinéphiles, même anonymes, qui peuvent avoir des opinions bien tranchés sur certains films ?

     

    On ne peut pas plaire à tout le monde et si ton œuvre est publique, il faut accepter qu’elle soit critiquée dans un sens comme dans un autre. Malheureusement, il y a parmi les cinéphiles qui partagent leurs avis, leurs sensations ou leurs analyses des films, certaines personnes particulièrement virulentes qui ont trouvé ici un endroit pour déverser leur aigreur. A la lecture de ces commentaires, certains n’ont parfois même pas vu les films. Je le regrette car ils sont une minorité et ils discréditent les observations des autres cinéphiles.  

    Je vois ces pages de critiques comme un condensé d’énergies négatives et chronophages que je préfère laisser à ceux qui en sont les auteurs.

     

    Quels sont les films dont tu raffoles ? Quels sont ceux qui t’ont marquée dernièrement et pourquoi ?

     

    En comédie,  « Mes meilleurs copains » ou « La chèvre » sont des films cultes dont je ne me lasse pas. J’ai beaucoup aimé « Long shot », une comédie très réussie sortie cette année. J’aime aussi l’excès de Tarantino, la sensibilité de Klapisch, notamment son « Peut-être » dont je raffole. J’aime aussi « Enter the Void » de Gaspard Noé, « Inception » de C. Nolan, « Get Out » de J. Peele, « Old boy » de P. Chan-Wook, « Le fils de l’homme » d’A. Cuaron, mais aussi « L’armée des ombres »  de JP Melville, « Café de Flore » de JM Vallée , ou  « Le premier jour du reste de ta vie » de R. Bezançon.

    Ceux qui m’ont marquée dernièrement : Je suis fan de la série « The Handmaid’s Tale ». Elle réunit tout ce que j’aime : un concept fort, des enjeux puissants et des thématiques très actuelles. Par ailleurs, l’image et la mise en scène sont magnifiques, très esthétiques tout en servant le propos.

    J’ai beaucoup aimé « When they see us ». C’est une série bouleversante et révoltante.

    Au cinéma, mention spéciale pour « Parasite » de B. Joon-Ho : un thriller, de l’humour, un scénario hyper bien ficelé et surprenant, des acteurs excellents, une mise en scène où l’image parle d’elle-même, une lumière magnifique.

     

    Cette interview est maintenant terminée, à mon grand regret. Aurais-tu quelque chose à ajouter ?

     

    Juste Merci pour ton intérêt !

    Bonne journée et bonnes séances de cinéma à venir !

     

     

    Propos recueillis par Alexandre DUQUESNE

    Tous droits réservés

     http://critiquescinema.eklablog.com

     

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  • Crédit photo et Vidéo : ESEC

     

    Commençons cette rubrique par une conception made in ESEC (école supérieure d'études cinématographiques de Paris). J'entends déjà certains rappliquer avec leurs grands sabots et glapir en infâmes commères : oui, mais c'est l'ESEC, alors gnan gnan gnan, on lui fait des courbettes, gnan gnan gnan, bla bla bla, etc.

    Et bien non, très chers lecteurs, sachez que je m'attacherai à conserver, contre vents et marées, la même impartialité dans mon jugement pour les courts-métrages que celle consacrée aux séries et aux films jusqu'à présent ...

    L'ESEC ne m'a pas payé pour cette critique, et d'ailleurs je doute fortement qu'elle aurait les moyens de le faire, car comme tout le monde le sait, j'ai des goûts de luxe déjà bien satisfaits, ceci grâce à la considérable manne d'argent qui m'est versée régulièrement par les producteurs en tout genre. (sourires avec dents en or).

    Tout ceci était bon à préciser avec humour, car aujourd'hui, comme vous le savez, le temps est plutôt à la défiance et la contestation qu'à la confiance aveugle. 

     

    A propos de défiance, justement, c'est le moment de douter des sentiments ressentis pour Jésus dans ce court-métrage. Oui, vous avez bien entendu, celui qui est au cieux, tout là haut, et qui est censé oeuvrer pour rendre notre monde meilleur. (Je dis censé, car entre nous, reconnaissez qu'il "merdouille" quand même de temps à autre).

    Ainsi, des corps qui étaient dévolus à la prière, au silence et à l'abstinence totale pourraient bien confondre allègrement fascination et amour ardent. Des apparitions iconiques, peut être démoniaques, sèmeraient le doute dans le corps et l'âme des plus ferventes croyantes, menaçant le fragile équilibre d'une austère paroisse.

    Scénaristiquement parlant, "cette faille religieuse" entre dévotion et amour physique est extrêmement bien amenée et exploitée. C'est aussi assez finement interprété, sans que les acteurs/actrices n'aient à rougir d'une éventuelle comparaison avec des professionnels.

    Les cadrages et les plans séquences m'ont également fait une très forte impression, mais peut être manquait-il un soupçon d'effets spéciaux.  

    Le tout en huis clos et en 9 minutes chrono en main, ainsi soit-il.  Après ce blasphème (jubilatoire) de mon côté, plus la peine d'espérer d'abonnés catholiques à mon blog. Tant qu'à faire, les abonnés cathodiques me suffiront.

     

    MA NOTE GENERALE : 8/10

     

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  • Funny Games (1997)

     

    Crédit photo et vidéo : WEGA FILM

     

    Résumé : Une famille aisée part en vacances dans une belle demeure située au bord d'un lac. Ils sont accompagnés de leurs fils. Deux inconnus vont les séquestrer sans raison apparente.

     

    Un couple BCBG dans une immense demeure, assez éloignée de tout...Et deux ravisseurs psychotiques raffolant de jeux pervers ou malsains, voilà le programme avec Funny Games.

    Michael Haneke commence son oeuvre sur un train de sénateur, s'attardant volontiers sur des détails, prenant grand soin de nous faire goûter au train de vie et aux habitudes de cette attendrissante famille idéale qu'il destine à être plongée dans un cauchemar.

    Les plus âgés d'entre nous (ou les plus connaisseurs) décèleront peut être quelques relents d'Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971) dans cette violence gratuite : ici en opérant un parallèle facile avec l'accoutrement des nos psychopathes (porteurs de gants blancs), là en soulignant leur langage châtié ou encore le fait qu'ils ont forgé leurs petits rituels au fil de leurs épopées sanglantes.

    Mais Funny Games se démarque assez nettement d'Orange Mécanique en cassant les codes habituels d'un scénario classique, maniant l'humour noir et le verbe avec une délectation certaine, laissant entrevoir de temps en temps planer l'idée que rien n'est intangible et que les événements passés peuvent toujours être modifiés en cours de route.

    Les interprétations sonnent parfaitement justes, tandis les bandes sonores (assez bien accordées avec les scènes) évoluent notablement au gré de du scénario, passant de la musique classique au hard rock !.

    Haneke signe ici un huis clos brutal, sanguinolent et terriblement indécis de bout en bout. N'attendez pas de morale particulière car il s'agirait plutôt d'une exploration sans fin d'âmes torturées et insensibles, probablement irrécupérables pour la société, ce qui constitue déjà une gageure à l'écran.

     

    MA NOTE GENERALE : 6,5/10

     

     

     

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