•  

    J’ai le plaisir de recevoir sur mon blog l’actrice Tiphaine Daviot, qui compte déjà de nombreuses années de carrière cinématographique, avec pas moins de 12 films et séries tournés (voir ici).
    Au sein de ces dernières productions, se trouvent notamment Hippocrate (film, 2014), L’ascension (film, 2017) pour n’en citer que quelques unes parmi les plus connues, mais aussi quelques web-séries (Machine/Machinette, Yes I do) et des courts-métrages (les Bigornaux, James Murdock et le Retour de Xanto).
    Tiphaine, merci de te prêter au jeu de cette interview.
    Question un peu banale pour commencer. Etre actrice a-t-il toujours été un rêve pour toi ou une révélation tardive ?
    Rêve d’enfant ! Depuis toute petite déjà….Après entre le fantasme et la réalité...
    Tu es issue de l’école de Théâtre «Les enfants terribles», fondée en 1993 par l’ancien comédien Jean-Bernard Feitussi. Pourquoi avoir choisi cette école pour te perfectionner et pas une autre ? Quels souvenirs marquants en gardes-tu ?
    Je l’ai choisie parce que j’aimais bien le titre, haha !  Véridique, je me disais que c’était cool d’être une enfant terrible. J'avais une très chouette promo et de très chouettes profs ;)
    Lorsque l’on regarde ton parcours avec beaucoup de recul, tes interprétations de personnages au début des années 2010 dans «Plus belle la vie», «Joséphine Ange Gardien» ou «Commissaire Magellan» semblent avoir lancé ta carrière. Peut-on considérer cette affirmation comme vraie ? Quelles sont les personnes qui t’ont vraiment aidée à franchir les paliers de la figuration ou des seconds rôles ?
    Cela n’a pas lancé ma carrière…cela m’a juste nourrie et permis de payer mon loyer. Les bigorneaux, zone blanche ou HP, ont lancé ma carrière. Goal of the dead aussi un peu ;)
    Je n’ai jamais fait de figu. Mais le premier rôle des bigorneaux qui est un court et qui a reçu le César l’année dernière ainsi qu'un joli second rôle dans "Zone blanche" sur France 2, m’ont beaucoup aidée.
                                                                               Extraits : les bigorneaux
    Au sujet des rôles, justement … Quels sont ceux que tu affectionnes particulièrement et pourquoi ? Est-ce que tu as déjà refusé des rôles ou des scénarios ?
    J’aime les histoires. Et notamment celles que j’aimerais regarder en tant que spectatrice. Donc peu importe le moyen (ciné/télé/plateforme..) Oui, j’ai déjà refusé pas mal de projets qui ne me motivaient pas, que je n’avais pas envie de défendre. Le rôle aussi évidemment est primordial. Et j’aime quand on prend des risques (Les films de genre, le fantastique ou encore des sujets qu’on n'a pas l’habitude de traiter…)
    A ton actif, tu comptes déjà beaucoup de longs-métrages, de courts-métrages, de séries et web-séries…N’est-ce pas un peu trop chronophage pour toi, comment gères-tu ton emploi du temps ? Finalement, pourrait-on te voir un jour sur les planches car il ne te manque que ça? 
    Honnêtement non ! En fait, ce qui est compliqué, c’est que c’est toujours tout en même temps. Donc, faut jongler. Et aussi rien en même temps. Faut apprendre à gérer ces moments de vide. Et ils sont beaucoup plus difficiles à appréhender que les moments de rush de boulot.
    En revanche, j’ai démarré par le théâtre, il faut que tu revoies tes fiches haha. J’ai beaucoup joué au théâtre jusqu’à encore il y a peu. J’adorerais remonter sur les planches…
    Quel est l’acteur ou l’actrice qui t’a le plus impressionnée sur les tournages jusqu’à présent ?
    C’est dur cette question. haha. Laurent Capelluto dans Zone Blanche ainsi que Renaud Rutten. Wim Willaert dans HP, monstrueux acteur flamand. Et tellement d’autres et des plus jeunes bien sûr…C’est trop compliqué cette question. En tout cas ce qui m’impressionne, c’est la qualité de l’acteur et la part humaine qui va avec. C’est même capital, quelqu’un de bien quoi.
                                                              Bande annonce Zone Blanche. 
    Avec quel réalisateur aimerais-tu travailler à l’avenir et pour quelle raison ?
    rolalaaaa j’aimerais retravailler avec un paquet avec qui j’ai déjà tourné surtout. Quel pied !
    Question sans langue de bois, un poil philosophique… Avoir une page Wikipédia et un profil «Allociné» n’est-il déjà pas un aboutissement pour un acteur ou une actrice ?
    hahahah non je ne crois pas. Les prix c’est pas mal déjà. Le nom sur une affiche ça fait plaisir aussi ;)
    Merci de ton concours, Tiphaine, je croise les doigts pour la suite de ta carrière dans le cinéma. Est-ce que tu as quelque chose à ajouter?
    Merci :) et non rien à ajouter, merci de ton intérêt et vive les histoires !! On fait un chouette métier.
    Propos recueillis par Alexandre DUQUESNE.
    tous droits réservés
    Copyright http://critiquescinema.eklablog.com
    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

  • Vol 93 (film, 2005)

    Crédit photo et vidéo : StudioCanal, Universal Pictures

     

    Résumé : reconstitution en temps réel des 90 minutes des attentats du 11 septembre 2001, et en particulier du vol 93, le seul à ne pas avoir atteint sa cible en raison de la révolte de ses passagers. 

     

    On peut parler ici d'un film hommage, puisqu'il a été entièrement réalisé avec l'accord et la collaboration des familles des victimes du vol 93. Par ailleurs, il faut souligner qu'une partie de la recette du film a été versée à un mémorial dédié au vol du même nom, en Pennsylvanie.  

    La reconstitution apparaît comme assez minutieuse, l'on sent qu'un travail de fond a été mené en amont pour qu'aucun des éléments rapportés dans cette production ne soit inventé ou romancé. 

    C'est justement le gros travers de ce film, qui procure parfois la sensation d'assister à un documentaire, une impression confortée par le casting plutôt maigrelet (pas de star majeure d'envergure internationale mais quelques acteurs prometteurs).

    Aucune scène d'action ne se profile avant une heure, ce qui peut sembler un peu long, d'autant que l'on assiste pendant cette fameuse heure à un condensé des événements qui se sont déroulés dans les tours de contrôle et les salles de commandement de l'armée de l'air.

    Fort heureusement, le réalisateur Paul Greengrass (à qui l'on doit notamment Jason Bourne et la vengeance dans la peau) parvient à faire monter graduellement le stress chez le téléspectateur lambda, qui se trouvera parfois perdu ou décontenancé par l'usage du jargon aérien ou militaire.  

    Pour la petite histoire, les acteurs jouant les terroristes ont été complètement séparés du reste du groupe en dehors du tournage, ce qui a permis (avec un certain succès) de reproduire à l'écran le degré de frayeur et d'hostilité qui devait régner entre les pirates de l'air et les passagers. 

    Tout le monde ou presque connait le final. Vol 93 n'apporte aucun éclairage nouveau à cette histoire tragique, mais le jeu parfait des acteurs et l'atmosphère recréée par le réalisateur constituent à eux seuls un bel hommage au courage des ces passagers. Dur et poignant.

     

    MA NOTE GENERALE : 6/10

      

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

  •  

    Ghostland (2018)

    Crédit photo et Vidéo : 5656 Film

     

    Résumé : Pauline et ses deux filles partent à la découverte d'une maison isolée dont ils viennent d'hériter d'une tante. Dès la première nuit, des inconnus pénètrent dans cette habitation et Pauline devra lutter pour sauver ses deux filles.   

     

    C'est l'histoire d'une femme (incarnée par Mylène Farmer, plutôt bluffante !)  et de ses deux filles adolescentes qui se dirigent en voiture vers une vieille demeure isolée dont ils viennent d'hériter. Chemin faisant, ils croisent un camion au comportement étrange où l'on ne devine que deux silhouettes relativement inquiétantes...

    Lorsque la visite de la vieille demeure s'opère enfin, c'est l'heure des premières frayeurs...Car l'aspect lugubre de cette bâtisse rappelle inévitablement les beaux jours d'un grand classique (Amityville). Les premières secousses émotionnelles seront légères : "des mises en bouche" destinées à nous mettre en appétit avant le grand cauchemar qui s'annonce.

    Puis l'enfer se déclenche soudainement. Dans Ghostland, les cadrages suggèrent d'abord la monstruosité, la difformité des êtres de chair et de sang, bien réels, qui s'en prennent aux occupants de cette maison.

    La violence inouïe se marie avec l'horreur sans transition vraiment marquée. Les agresseurs, eux, sont sans doute les héritiers de massacre à la tronçonneuse, dont ils partagent allègrement le physique (sic), le mode de communication et le niveau de quotient intellectuel (...).

    La suite est beaucoup plus subtile. Une boucle narrative vient couper net cet élan de folie furieuse. Elle s'installe même tellement longtemps que l'on en vient à se poser la question de son intérêt...

    Cette parenthèse installe une douce routine et n'avait, à mon avis, pas grand chose à faire dans ce film car elle casse complètement le rythme endiablé qui s'était installé jusqu'alors.  

    Voilà pour le scénario, qui reprend énormément de vigueur sur les 45 minutes restantes. Beaucoup de cris, d'émotions diffuses, de terreur dans des cadres qui inspirent le malaise ou l'effroi, à grand renfort de jouets et de peluches repoussantes sélectionnées pour leur laideur.

    Outre un scénario somme toute assez plaisant mais légèrement perfectible de mon point de vue, Ghostland réussit à créer une atmosphère particulièrement glauque grâce à son décorum, ses costumes et ses maquillages divins.

    Bien que ce voyage aux confins de l'horreur et de l'innommable touche au but (nous faire peur), il ne laisse guère le talent des acteurs s'exprimer pleinement, les enfermant dans un cadre trop exigu (limité aux expressions faciales, aux onomatopées, aux comportements).

    A déconseiller aux esprits sensibles.

     

    MA NOTE GENERALE : 7/10

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

  • Monster (film, 2003)

    Crédit photo et vidéo : Patty Jenkins

    Résumé : Le film s'inspire d'une partie du parcours criminel de la tueuse en série Aileen Wuornos, auteur d'au moins sept meurtres entre 1989 et 1990.

     

    Les films sur les parcours des sérials killers ont beau être très nombreux, très peu parlent des trajectoires criminelles des femmes tueuses en série.

    En voici un qui me tentait depuis longtemps, tant j'avais entendu parler de l'interprétation à contre courant de Charlize Theron...

    Complètement méconnaissable physiquement (bouffie, habillée sommairement et probablement affublée d'un dentier), Charlize Theron s'est parfaitement bien imprégnée des mimiques masculines de Aileen, cette jeune femme paumée qu'elle interprète, au point de parvenir sans difficulté à susciter souvent de la peur ou du dégoût.

    L'amour de sa vie (Selby) est incarnée par l'actrice Christina Ricci, plutôt à son aise quand il s'agit d'inspirer de la peine dans l'habit d'une jeune femme émotive et influençable.

    Aileen sera prête à tous les écarts pour lui assurer le train de vie dont elle rêve, quitte à la faire dériver un peu plus vers la marginalité.  

    L'intérêt principal du film est d'essayer de nous faire comprendre comment Aileen en est arrivée à tuer des hommes pour les dépouiller de leur argent. Si le spectateur lambda comprendra rapidement cet aspect de l'histoire et appréciera les prestations des deux actrices et en particulier celle de Charlize Theron, il restera néanmoins sur un sentiment d'inachevé dans beaucoup de domaines : manque de personnages secondaires, de points de vue strictement policiers ou journalistiques, d'approches psychologiques enlevées ou approfondies. 

    Le scénario a un côté "survol" trop synthétique, tout comme les dialogues, d'une sécheresse absolue. Au fond, Monster manque de beaucoup trop de piment pour rentrer dans les strates des oeuvres cinématographiques impérissables sur les criminels en série.

     

    MA NOTE GENERALE : 6/10

     

    Partager via Gmail Yahoo! Pin It

  •  

    Jeux d'influence (série, 2019)

     

    Crédit Photo et vidéos :  What’s Up Films, Arte France, PICTANOVO, Stenola Productions

     

    Résumé : Suite à l'utilisation d'un pesticide, un agriculteur tombe dans le coma, avant de découvrir qu'il est atteint d'une grave maladie (cancer). Parallèlement,  un responsable de l'entreprise agrochimique "SASKIA" meurt dans des conditions suspectes...

     

    Ceux qui me connaissent bien le savent, je ne suis pas un féru de séries françaises, à de rares exceptions près.

    Jeux d'influence avait beaucoup d'atouts pour susciter mon intérêt, notamment le fait que l'un des rôles majeurs interprète un député de la circonscription de BETHUNE, une ville qui est loin de m'être inconnue...

    En outre, quelques contacts Facebook m'ont conseillé la série, qui bénéficie d'une belle cote du public sur le site Allociné (Voir ici).

    Commençons cette critique par ce qui fait habituellement le sel d'une série : le scénario. En l'espèce, il s'agit de se pencher sur le cas d'un agriculteur, atteint d'un cancer suite à l'utilisation d'un pesticide pour son champ. Dans son malheur, notre homme a de la chance : il est l'ami intime d'un député béthunois...

    C'est l'histoire du pot de terre contre le pot de fer, celui d'un petit paysan contre une firme puissante de l'agrochimie (toute ressemblance avec une firme quelconque serait purement fortuite...), celui d'un "petit" député d'une intégrité irréprochable qui ne souhaite pas forcément jouer le jeu traditionnel des partis et des appareils d'état...

    Dans ce rôle pivot, l'acteur Laurent Stocker (que je ne connaissais pas du tout) m'a vraiment impressionné : droit dans ses bottes, il représente un peu le politique idéal aux yeux du public, plus proche du petit peuple que d'élites parfois méprisantes.

    Vu l'impression que renvoie cet élu, forcément, le téléspectateur de base s'y pique déjà sans crier gare.

    En arrière plan de ces combats (parfois menés à fleurets mouchetés), quelques opportunistes se servent plus ou moins grassement : "de la petite frappe" qui va grapiller un billet pour un sale coup dans la rue à la journaliste politique qui fait jouer son carnet d'adresses et se fourvoie dans des sombres affaires pour un  salaire mirobolant.

    Dans ce dernier rôle, Alix Poisson est divine et prouve à plus d'un réalisateur qu'elle méritait bien mieux que les seconds rôles qui lui étaient dévolus jusqu'alors.

    Côté acteurs, je ne saurais que saluer toutes les performances, n'ayant qu'un temps limité pour souligner les plus marquantes.

    Ainsi vont les arcanes du pouvoir. De tout temps, les lobbys ont effectué des pressions diverses et variées sur ce milieu, mais Jeux d'influence nous propose d'en explorer les pires facettes...Fiction ou réalité ? Que dire, sinon que j'ai été vraiment conquis par tant de talent au mètre carré, et peu m'importe, au fond, si tout cela ne devait être que pure invention ou un complet inventaire d'histoires véridiques.

     

    MA NOTE GENERALE : 8,5/10

     

     

     

     

     


    Partager via Gmail Yahoo! Pin It





    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires