• Ami-Ami (film, 2017)

     

    Crédit photo et vidéo : Nord-Ouest Production

     

     

    Ami-Ami, une comédie débordante de vitalité

     

     

     

    UNE BIFURCATION SCENARISTIQUE BIENVENUE

     

     

    Les rapports amicaux homme/femme sont des thèmes récurrents dans les comédies françaises/anglophones.

     

    Envisager de traiter de nouveau ce sujet nécessitait donc, à minima, beaucoup d’originalité scénaristique, synonyme d’une approche moins conventionnelle.

     

    Dans Ami-ami, ils ne sont pas moins de quatre scénaristes à avoir planché sur la question (Victor Saint Macary, Audrey Diwan, Thomas Cailley, Benjamin Charbit) et c’est probablement cette diversité de points de vue qui aboutit à quelque chose d’aussi tourbillonnant scénaristiquement parlant…Car dans «Ami-ami», rien n’est jamais vraiment très simple humainement !

     

    Vincent et sa meilleure amie, Néféli décident d’emménager en colocation, tout se promettant de ne jamais retomber amoureux...

     

    Pourquoi cette promesse ? Peut être est-ce pour préserver leur amitié coûte que coûte ou se ménager la possibilité d’envisager de franchir un jour le Rubicond amoureux à deux. A vrai dire, personne n’est vraiment dupe de cette situation, à commencer par le spectateur lambda, qui pourrait déjà y voir l’énième remake d’une comédie tarte à la crème.

     

    Mais là où beaucoup d’autres scénarios se seraient sûrement dirigés vers la mutation de cette amitié en amour insoupconné, «Ami-Ami» choisit d’y ajouter une touche plus radicale : Vincent retombe amoureux d’une autre femme (Julie) qu’il vient de rencontrer.

     

     

    AMITIE SURVITAMINEE ET ONDES DE CHOC AMOUREUSES

     

     

    Les ondes de choc de cette relation amoureuse vont atteindre l’amitié sacrée qu’il a nouée avec sa colocataire au dynamisme débordant

     

    Vincent va donc se retrouver dans une sorte de «navire sentimental» qui tangue horriblement, coincé entre la promesse qu’il a faite à Néféli et la poursuite de sa nouvelle idylle….Avec en filigrane, la peur au ventre de les perdre définitivement toutes les deux !.

     

    L’un des atouts coeurs de cette production réside justement dans la façon dont Vincent (interprété par William Lebghil) va gérer ces ondes de choc, lui qui paraît extrêmement attachant et paisible. 

     

    En outre, sa nature plutôt insouciante est suffisamment prononcée pour semer le doute sur ses sentiments profonds jusqu’au final.

     

     

     

     

    DU COTE DES AUTRES ACTEURS...

     

     

    L’actrice Margot Bancilhon (Néféli) se voit attribuer le rôle d’une jeune femme outrancière et provoquante, qui suscite quelquefois l’agacement par son caractère imprévisible et intenable. 

     

    L’acteur Jonathan Cohen joue son rôle de trublion de service à la perfection et il est, à mon sens, l’un des éléments incontournables de ce film tant il agrémente l’ensemble avec un humour ravageur.

     

    Camille Razat (Julie) est un peu «le cheveu sur la soupe», l’empêcheuse de tourner en rond en colocation (cqfd). Il sera très intéressant de surveiller ses prochaines apparitions cinématographiques tant elle paraît disposer d’un talent naturel à l’écran.

     

     

     

    POURQUOI REGARDER AMI-AMI ?

     

     

    On regarde Ami-ami parce que l’on apprécie explorer cette frontière parfois ténue de l’amitié et l’amour entre deux sexes opposés.

     

    Par son ton volontairement léger, propice à toutes les exhubérances ou encore son regard mordant porté sur l’amour ou le sexe, Ami-ami casse quelque peu les codes traditionnels de la comédie sentimentale...Ignorant complètement les aspects purement matériels/pécuniers et apportant un peu d’eau vive à un moulin qui a déjà bien tourné au cinéma...

     

     

     

    MA NOTE GENERALE : 6,5/10

     

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  • Le fondateur (film, 2016)

                                                               Crédit photo et vidéo : FilmNation Entertainment, The Combine

     

    UN EMPIRE BATI AVEC DES HAMBURGERS

     

     

    Tout le monde aujourd’hui connaît l’enseigne MacDonald’s. Ce que l’on connaît moins, en revanche, c’est l’histoire de son fondateur, Ray Kroc.

     

    Qui aurait cru qu’un quinquagénaire vendant des machines à milk-shake en porte à porte aurait pu bâtir cet empire dans les années 50 ?

     

    «Le fondateur», c’est avant tout une histoire entrepreneuriale épatante, avec quelques écarts dans la ligne habituelle du rêve américain. Le scénario du film m’a quelque peu rappelé «the social network», en particulier parce qu’il met l’accent sur les désaccords entre associés qui amènent parfois à un point de rupture définitif.

     

     

    Un scénario trop conciliant

     

     

    Le point de vue du film est conciliant, peut être trop, avec l’enseigne et l’histoire de son fondateur.

     

    En effet, qu’importe si la malbouffe sévit encore aux Etats-Unis avec un adulte sur trois en surpoids (voir ici), le scénario tient absolument à nous vendre les hamburgers comme le meilleur repas du monde (sic) jusqu’à la fin.

     

    Dans la même veine, aucune allusion n’est faite sur les conditions de travail des salariés, lesquels s’épanchent aujourd’hui volontiers sur la toile (voir ici les avis). Même mutisme sur les pratiques d’optimisation fiscale du groupe, plusieurs fois épinglées par la presse. (voir ici un exemple). Quelques pointes caustiques auraient pourtant été bienvenues, histoire de pimenter l’ensemble et de prouver sa libre expression scénaristique.

     

    Toujours dans ce manque de nuances, certaines pratiques entre associés (comme le fait de ne pas respecter complètement les contrats ou de vouloir «mettre dehors» des associés) sont presque célébrées sur l’autel de la sacro-sainte rentabilité/du business.

     

    Le souci majeur de cette production, c’est que l’on finit par se demander carrément si ce film n’a pas été directement sponsorisé par Mc Donald’s, tant le degré de mansuétude y est important.

     

     

    Michael Keaton

     

     

     

    On ne voit que cet acteur et l’on entend que lui tout au long du film, avec son optimisme à toute épreuve et son sourire de golden boy. Il aime distiller quelques phrases assassines sur le business (le business, c’est l’enfer des agneaux !) avec un naturel déconcertant et il déborde d’énergie…

     

    Michael Keaton est l’attraction majeure de ce film où il explose littéralement les clichés du quinquagénaire usé par la vie.

     

    CONCLUSION

     

     

    Une production « gentillette », sans mordant particulier que la présence de Michael Keaton. Les investisseurs/entrepreneurs trouveront une source d’inspiration non négligeable dans cette histoire qui comporte des maximes de vie relativement instructives.

     

     

    5,5/10

     

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  • La critique ciné devenue bas de gamme ?

     

    Il n'y a pas si longtemps, Quentin Tarantino se désolait du niveau de la critique cinématographique d'aujourd'hui...

    https://www.lefigaro.fr/cinema/tarantino-se-desole-du-niveau-des-critiques-de-cinema-aujourd-hui-20200601

    Pour moi, il n'a pas tout à fait tort... J'en vois déjà beaucoup sur Twitter ou Facebook, qui, lassés d'écrire "dans le vent" ne consacrent plus que quelques vagues appréciations écrites à un film quel que soit sa durée, ou jettent l'éponge faute de lecteurs assidus.

    Nous sommes aussi dans le monde de l'instantané. Les cinéphiles sont avant tout des consommateurs. Et les consommateurs veulent tout avoir, et tout de suite. La plupart des fans de films/séries préfèrent se fier à une moyenne de notation générale que de consulter des avis plus aiguisés, quand bien même ces écrits seraient agréables à lire... Ne me dites pas le contraire, cela m'est déjà arrivé ;-). 

    Peut-on d'ailleurs leur en vouloir ? ils sont dans l'urgence, à court de séries ou de films, et n'ont pas forcément le temps ni l'envie d'en savoir plus. 

     

                 Quel est avenir de la critique cinéma sous la forme écrite ?

     

    La critique "canal historique", c'est à dire sous format papier, se meurt. Sous le format de l'écrit, elle subsiste encore quand même sur la toile mais la profusion de Youtubeurs/Youtubeuses semble amorcer une tendance, qui je l'espère, n'est qu'un effet de mode.

    Je ne me résoudrai jamais à ce que la critique écrite s'éteigne. Je pense qu'il existera encore et toujours d'irréductibles gaulois qui s'échineront à la faire perdurer. 


    Là où Quentin Tarantino touche du doigt un problème majeur, c'est sûrement dans la forme.
     Trop cadrée/stéréotypée, la critique cinématographique peut devenir aussi lassante pour le rédacteur que pour le lecteur. 
    Permettez-moi cette confidence, il m'est en effet arrivé de me lasser, parfois, de ressentir comme un devoir de parler de tous les aspects d'un film. Le jargon cinématographique restant peu ou prou le même, le rédacteur peut avoir le sentiment de se retrouver prisonnier d'une cage littéraire.

    Cette cage, en tant que rédacteur, c'est à nous de l'ouvrir. "Ouvrez la cage aux oiseaux" disait une célèbre chanson. C'est à nous aussi de lutter pour que les critiques sous forme de montages vidéos ne finissent pas par achever définitivement l'écrit.
     
    Aux littéraires  d'innover, de construire de bâtir un monde nouveau des critiques cinématographiques écrites capables de rivaliser avec celles émises sous formes de montages vidéos.

     

     
     
    L' ECUEIL PRINCIPAL DE LA CRITIQUE ECRITE SUR INTERNET  : LE SEO

      

    Etant par ailleurs déjà webmaster d'un site de critiques ciné, j'ai la chance de pouvoir parler de ce que je connais, du moins en ce qui concerne la forme d'un article.
     

    Sur une plateforme de blogging comme celle-ci, par exemple, nul besoin de faire attention à la forme comme au fond...

    Ici, pas de SEO à respecter, vous écrivez comme bon vous semble...C'est d'ailleurs aussi pour cela que j'aime bien y revenir ;-)  

    Alors, le voilà, l'ennemi juré, le SEO, pour un littéraire pur jus qui se lance dans le grand bain de la création d'un site web. Pour les profanes qui ne savent pas ce que veut dire SEO, il s'agit simplement de respecter différents critères de lisibilité imposés par les moteurs de recherche.

    Si vous ne respectez pas ces critères de lisibilité ou si vous vous en éloignez trop, votre site sera mal classé, relégué dans les abysses de Google.  Ainsi, dans l'absolu, si vous ne respectez pas le sacro-saint SEO, votre site ne sera lu par personne. 

    Essayez d'être webmaster, vous verrez. Au début, c'est la soupe à la grimace, surtout quand vous aimez la liberté d'écrire. 

    En effet, le SEO vous impose par exemple de réduire vos phrases à 20 mots maximum, d'employer régulièrement des termes comme "parce que", "car", "donc", censés faciliter la lecture de vos articles.

    Et ce ne sont que quelques exemples, choisis parmi les plus contraignants. Tiens, c'est bizarre, le SEO me rappelle le titre d'un très bon film, "les sentiers de la perdition" (2002)... 

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  • WestWorld (saison 3)

     

    Le démarrage de la saison 3 commence par une grande satisfaction :  celle de revoir Dolorès (l'actrice Evan Rachel Wood) dans un tout autre univers que celui du Far West.

    Un univers "high tech", l'univers de humains, où en théorie, toutes les portes lui sont ouvertes pour la vengeance. Au début, c'est extrêmement plaisant....D'abord parce que les gadgets technologiques (motos qui obéissent au doigt et à l'oeil,  hologrammes de personnages, voitures volantes automatisées) nous font tournoyer la tête.

    Ensuite parce que Dolorès semble toujours avoir un coup d'avance, et qu'en tant que français, il faut bien reconnaître que Vincent Cassel assure "un max" en tant que grand architecte de cet univers fantasmagorique.

    Et puis, les épisodes s'accumulent. Les longueurs aussi. Et l'on se lasse. On se lasse de voir Dolorès transformée en Terminator de service alors qu'elle se contentait de remercier le galant homme qui lui ramassait sa boîte de conserve tombée au sol dans la première saison. On regrette ce temps béni où elle regardait les couchers de soleil avec son prétendant d'alors, son prince charmant robotisé.

    Nous voilà au temps des échanges de tirs avec des fusils mitrailleurs hig tech jusqu'à plus soif, des escarmouches à coups de katanas entre hôtes dans un monde qui brille par son caractère superficiel et interchangeable à souhait. 

    Comme dans la deuxième saison, l'on perd le fil facilement et certaines scènes font soupirer, voire bayer aux corneilles. Comme dans la deuxième saison, le scénariste joue trop sur cette étroite ressemblance entre "hôtes" et humains. Comme dans la deuxième saison, le scénario nous perd complètement et nous donne l'impression de ne pas avoir de direction clairement établie. 

    Pas éblouissant, tout ça. Ou peut être trop, finalement. Comme si l'on nous en mettait plein les mirettes pour masquer les insuffisances notoires du scénario.

    Quelques bons points à distribuer dans le casting, comme je le disais précédemment, avec la présence remarquée et remarquable de Vincent Cassel. Même le charme hypnotisant de Evan Rachel Wood ne suffit pas ou plus pour redonner un second souffle à la série.

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