• Les artistes doivent-ils prendre position sur tout ?

    Cela fait maintenant plus de 2 ans que je tiens ce blog à jour, soit à peu près autant pour mes comptes twitter et Facebook qui ont été créés pour soutenir médiatiquement ce blog.

    Comme je suis parti du néant (aucun contact dans le milieu dit du "show business"), il a fallu que je cravache un peu pour me tailler une très modeste place dans le milieu artistique, et plus particulièrement sur Facebook...L'heure est venue de pousser un petit coup de gueule. 

     

    Je sais que cela ne fera pas forcément plaisir à tout le monde, mais j'assume. Il n'existe pas de code de déontologie ou d'ordre chez les artistes, et c'est parfois bien dommage. Pourtant, il en existe dans de nombreuses professions : avocats, médecins, etc...

    Ainsi, lorsque l'un des membres de ces dernières professions dépasse "les bornes", il peut ainsi faire l'objet de sanctions par ses pairs, sanctions allant du simple avertissement à la radiation.

    Rien de tout cela chez les artistes, qui par essence, demeurent libres de s'exprimer sur tout et n'importe quoi. D'un côté, cela leur garantit une totale liberté de parole en leur nom, probablement tirée de la liberté d'expression dans le champs artistique...Mais de l'autre, cela donne parfois lieu à des abus, des jugements infondés, des prises de position incroyablement partiales.

    De temps en temps, l'on assiste à de beaux élans de solidarité, comme ce fut le cas dernièrement pour les incendies en Australie.

    Plus souvent, ces derniers mois, j'ai pu observer des torrents de critiques s'abattre sur le travail de la police, des magistrats, des élus. C'est manifestement à la mode et assez facile. Pour ces gens qui se permettent de juger ainsi sans connaitre les difficultés de ces professions et leur utilité quotidienne, il faudrait organiser une journée "vis ma vie", ce qui permettrait sans doute au moins qu'ils adoucissent leur jugement.

    Je vais être clair : je n'aime pas les amalgames. Non, tous les policiers ne sont pas ultra-violents, tous les élus ne sont pas corrompus ou incompétents, tous les magistrats ne sont pas laxistes. Voilà, c'est dit. 

    Et qu'on se le répète bien dans le milieu artistique ou ailleurs : jamais je ne cautionnerai des personnes qui salissent par de quelconques moyens des professions nobles, si talentueux ou puissants soient-ils.

    Il apparaît très clairement, pour moi, que les artistes ne peuvent pas prendre position à la hâte sur tout et n'importe quoi. Déjà parce qu'ils engagent leur nom...Et risquent ainsi de se voir parqués dans "des cases" trop facilement ou de se voir reprocher de ne pas avoir balayé devant leur porte avant de parler. (En effet, certains ne s'appliquent pas à leur vie privée la morale qu'ils prêchent aux autres). 

    Mais aussi et surtout parce que la plupart des personnes, aujourd'hui, me semblent de plus en plus attachés au respect d'une certaine éthique. J'ai beaucoup de respect pour les artistes engagés de tout bord, mais l'artiste ne doit pas tomber dans les travers des jugements à l'emporte-pièce. 

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    Les critiques ciné doivent-ils parler des navets ?

    Au sein de la petite communauté des critiques cinématographiques, qu'ils soient professionnels ou amateurs, d'ailleurs, une question revient souvent : doit-on parler des navets ? 

    Cette question est difficile à traiter, parce qu'il faut déjà d'abord s'entendre sur la définition de navet au sens cinématographique du terme.

    Wikipédia nous fournit un éclairage intéressant sur cette définition. Le navet serait un film médiocre et se distinguerait du nanar, lequel serait un film raté dont les défauts porteraient involontairement à rire.

    Partant de cette définition, j'ai dû forcément critiquer des navets, puisque parmi mes dizaines de critiques, pas mal de films naviguent dans une zone de notation comprise entre 5 et 6. 

     

    LA NOTION DE SUBJECTIVITE

     

    Tout le monde a déjà connu le stress relatif à l'attente de la délivrance d'une note sur un travail artistique...Et certains le connaissent encore aujourd'hui, sur les bancs de l'école.

    Quand une oeuvre est destinée au grand public, peu importe son moyen de diffusion, elle s'expose, de facto, à une critique, qu'elle soit bonne ou mauvaise : c'est la loi du marché (tiens, cela me rappelle ce très bon film de Vincent Lindon).

    Dans un monde où plus personne n'a envie de perdre son temps inutilement, la critique remplit son oeuvre et se doit, tant que possible, d'aiguiller les amateurs de cinéma indécis.

    Mais comme le monde de la critique cinématographique n'est pas une entité à part entière qui pense uniformément, chacun est libre de décider ce qu'est un navet ou pas... C'est tout ce qui fait, pour moi, la richesse  de cet univers un peu particulier. D'un critique à l'autre, un film peut ainsi passer de la dure appellation de navet à chef d'oeuvre, mais c'est extrêmement rare !

     

    Les critiques ciné doivent-ils parler des navets ?

     

    LA NOTION D'OBJECTIVITE

     

    Un navet est donc un film dont la tête dépasse à peine au milieu de l'industrie des oeuvres cinématographiques. C'est triste, mais c'est ainsi.

    Certains critiques sont sans pitié avec ces films. D'autres sont nettement plus tendres, pour ne pas dire complaisants. Mais qu'arrive-t-il lorsque le spectateur découvre le pot au rose ? comme toute personne qui paye sa place de cinéma ou son abonnement à une plateforme de streaming, il sera profondément déçu, et il ne se fiera plus du tout à l'opinion de ce critique.

    Toute la difficulté d'une opinion sur une oeuvre cinématographique, pour moi, c'est justement qu'elle doit être vraie, sortir du coeur, et être parfaitement objective et impartiale pour gagner en notoriété.

     

     

                                                                     En conclusion... 

    Lorsque je tombe sur ce genre de film, je ne cesse de me rappeler que derrière, c'est une équipe entière qui s'est tuée à la tâche pour donner le meilleur d'elle même, de la maquilleuse au producteur. Beaucoup ont tendance à l'oublier. 

    Au milieu de ces navets, parfois, vous avez un éclair de génie. Cela peut être une réplique d'anthologie, un acteur qui se distingue parmi ses pairs, un costume épatant. 

    Lorsque je vais jusqu'au bout de ce type de film plutôt moyen, je me dis que le film en valait quand même la peine. Il m'est déjà arrivé de sortir d'une salle de cinéma avant le terme de la projection. Alors quand je vais jusqu'au bout, j'essaye d'en tirer la moelle... J'attends toujours le lendemain ou le surlendemain pour me permettre d'avoir le recul nécessaire. Juger "à chaud" n'est jamais bon. Et j'essaye de faire une critique constructive, loin de tout aspect promotionnel. Je me dis aussi, peut être, que le scénariste ou le réalisateur rectifiera tel ou tel aspect dans sa prochaine production. La critique doit toujours être constructive pour être acceptable, j'ai parfois lu des torrents d'immondice répandus par quelques aigri(e)s ici et là.

    Alors pour moi, oui, il faut parler des navets... Mais en émettant des critiques constructives.

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