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    Dix pour cent (série, 2018)

     Crédit photo et vidéo : Mon Voisin Production, Mother Production, Ce qui me meut, France Télévisions

     

    Résumé :  la vie de l'agence parisienne artistique ASK, chargée de représenter les intérêts d'acteurs célèbres, à travers la vie professionnelle et privée d'un groupe de 8 personnages. 

     

    Portrait au vitriol du milieu de la cinématographie...Ici, tout le monde ment à tout le monde : dans l'absolu, les agents espèrent faire leur commission (10% du cachet d'un acteur, d'où le titre). Cette dernière doit toujours être la plus importante possible lorsque les agents placent l'un de leur poulain dans un tournage. Pour mettre en relation les producteurs et les acteurs et toucher cette fameuse "com", tous les coups sont permis, sans aucune limite.

    Les acteurs ne sont pas épargnés non plus par la satire : pour obtenir un rôle quelconque ou de meilleurs conditions de tournage, cette production nous fait comprendre que certains sont aussi prêts à tout.

    C'est désolant, parfois attendrissant et aussi désopilant. Tout y passe : caprices de stars, révélations inattendus des paparazzis, conflits latents dans le milieu du show business, dérapages dans la vie privée avec des incidences sur la vie professionnelle, tentations de l'appât du gain à tous les étages...Sans oublier aussi, les comportement fantaisistes et les lubies d'artistes en tout genre.

    L'autodérision est omniprésente, et comme de nombreux acteurs se sont prêtés au jeu et pas des moindres (Citons pêle-mêle Camille Cotin, Line Renaud, Julie Gayet, Laura Smet, Gilles Lellouche !), nous sommes en droit de nous demander si ce n'est pas une sorte de catharsis générale du cinéma français.

    Sans pincettes avec les pratiques du milieu cinématographique, bien interprétée à tous les échelons et vraiment caustique, cette série est une respiration profonde et inespérée dans le cinéma français.

     

    * MA NOTE GENERALE (Saison 1) : 7,5/10 

     

     

     

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    Counterpart (Série, 2018)

    Crédit photo et vidéo : Starz, OCS Max

     

    Résumé : Howard Silk est employé à des tâches subalternes dans un bâtiment berlinois de l'ONU. Sa carrière est au point mort et sa femme est dans le coma...Mais sa vie va changer : il va découvrir que sous le bâtiment où il travaille, se cache un portail vers une sorte de monde parallèle où chacun d'entre nous possède un double de lui même...

     

    Une série qui peut apparaitre un peu tristounette ou austère au premier abord. En effet, l'on ne compte plus les bâtiments gris et peu engageants, les conditions météorologiques capricieuses (Pluie/brouillard/nuit/temps couvert), les accessoires et costumes classiques et sombres. Le but recherché est de nous rappeler l'atmosphère de la guerre froide, et c'est plutôt réussi, notamment en optant pour BERLIN comme lieu de tournage.

    Le personnage principal a la soixantaine "bien tapée" (Howard Silk interprété par l'acteur J.K Simmons), ce qui nous change un peu des bellâtres au corps d'Apollon généralement mis en avant dans la plupart des séries de ce type. 

    Il y'a de l'action, de l'espionnage, du contre-espionnage entre deux univers parallèles qui malheureusement se différencient trop peu...Il est assez courant de se demander, au hasard des scènes, où se situe exactement l'action (notre monde actuel ou l'autre ?) et qui est concerné. (l'être original ou "son double" ?)

    Le scénario se développe sur un tempo relativement lent,  ce qui ne l'empêche pas de surprendre régulièrement dans la plus grande simplicité, sans artifices visuels.

    Cette dernière caractéristique est un peu une constante de la saison 1 de cette série, qui a préféré nous intéresser au "vécu" des personnages principaux, quels que soient leurs mondes respectifs.

    Côté interprétations, les acteurs, J.K. Simmons en tête, font preuve d'une grande capacité d'adaptation.

    A mi-chemin entre James Bond pour l'élégance de sa partie action/espionnage et Derrick pour cette sobriété si habilement cultivée, Counterpart est une série de caractère qui prend son temps et sait ménager le spectateur.

     

    * MA NOTE GENERALE (SAISON 1) : 6/10

    * Dorénavant, les séries seront notées par saison, afin de mieux juger de leur qualité.

     

     

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    L'Empereur de Paris (à l'affiche actuellement)

    Crédit photo et vidéo : Mandarin Cinéma

    Résumé : Les tribulations d'Eugène-Francois Vidocq, ancien bagnard qui va devenir successivement drapier avant de travailler pour la sûreté de Paris...

     

    J'ai pu voir ce film dans une salle minuscule (50 places) mais pleine à craquer où les cheveux blancs étaient de rigueur....Fort heureusement, quelques uns commencent à poindre chez moi, ce qui m'a permis de passer presque inaperçu !

    Plaisanterie mise à part, il s'agit pour moi de l'une des meilleures productions françaises du genre de ces dernières années.

    Puisqu'il faut bien débuter cette critique par un aspect de cette production, je tenais d'abord à saluer cette prouesse de la reconstitution de Paris sous l'ère napoléonienne. En effet, partant d'une simple ruelle parisienne ou d'endroits plus prestigieux, les cadrages panoramiques alternant zoom arrière et avant nous offrent des aperçus fascinants d'un autre siècle.

    Question décors, donc, rien à redire, tout comme ce qui touche au domaine des costumes et des accessoires, impeccables et fidèles à l'époque napoléonienne.    

    Comme vous le savez très certainement, le scénario est basé sur l'histoire du très célèbre Vidocq, ancien bagnard qui prendra bien plus tard la tête de la brigade de sûreté de Paris (voir ici).

    Evidemment, l'Empereur de Paris s'est sûrement accordé quelques largesses avec la réalité historique pour satisfaire le public.

    Certains auraient beau jeu aussi de critiquer son classicisme en matière scénaristique, les palabres d'un autre temps ou encore la brutalité de certaines scènes d'action. Toujours est-il qu'il retranscrit assez fidèlement l'atmosphère d'une époque, qu'il fait émerger des personnages audacieux et attachants gravitant autour de Vidocq.

    Alors bien sûr, dans ces conditions, le contexte historique passe au second plan puisque la dynamique du scénario repose exclusivement sur les circonvolutions autour du personnage principal.

    Le triptyque romance/action/suspens est parfaitement fonctionnel et il accapare constamment l'attention du public : combats épiques, luttes d'influences dans les cercles de pouvoir, fourberies et vengeance se multiplient avec une certaine maestria dans la mise en scène.

    Vincent Cassel fait un Vidocq impressionnant après avoir fortement payé de sa personne (musculation, gain d'une bonne vingtaine de kilos !). Quant aux seconds rôles comprenant notamment Patrick Chesnais (M. Henry) et Fabrice Luchini (Fouché), ils ont l'air de s'épanouir pleinement dans leurs costumes respectifs.

    Bref, une muse d'exception a dû passer par là car il y'a belle lurette que je n'ai pas vu une production française aussi bien menée de long en large.

     

     

     MA NOTE GENERALE : 8,5/10

     

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  • The Guilty (film, 2018)

    Crédit photo et vidéo : Gustav Moller, Lina Flint

     

    Résumé : opérateur téléphonique au standard des appels d'urgence du 112 (police danoise), Asger Holm reçoit l'appel d'une femme qui vient d'être kidnappée...Quitte à remuer ciel et terre, il va tenter de la faire retrouver, d'autant que les informations qu'il recueille sont particulièrement inquiétantes.

     

    Un thriller danois dont les racines se figent dans un monde jusqu'à présent inexploité de la cinématographie: celui des appels "police secours".

    Se déroulant exclusivement entre quatre murs, l'aventure de cet homme doté d'une conscience professionnelle exceptionnelle est aussi instructive que captivante.

    D'un strict point de vue matériel, Asger ne dispose que d'un téléphone et de quelques logiciels (notamment de localisation d'appels téléphoniques) pour dénouer une affaire de kidnapping qui sent plutôt mauvais. Il peut aussi compter sur la bonne volonté de quelques collègues de travail, sur son sens du dialogue et sa débrouillardise pour tirer cette affaire au clair.

    Peu d'acteurs et peu de moyens investis dans cette production dont l'unique levier d'intérêt est psychologique : c'est le téléphone d'Asger qui met la pression, suggère le pire et retransmet les réactions des policiers, le tout pour nous permettre d'établir un lien direct et concret avec "le terrain".

    Sans ces bandes sonores de qualité (héritages des polars radiophoniques ?), l'émotion passerait nettement moins bien.

    L'acteur Jakob Cedergren éclabousse l'écran de son talent dans la peau de ce personnage policier sujet à de nombreuses sautes d'humeur.

    C'est haletant, cohérent et finalement sûrement très proche du quotidien de ces policiers à l'écoute des moindres appels de détresse.

    MA NOTE GENERALE : 7/10

     


     

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