• Quel avenir pour les cinémas ?

    Je suis de la génération de la dernière séance. Oui, je sais, je suis vieux ou mûr pour certains (sic). A l'époque de la dernière séance, Eddy Mitchell étalait sa culture cinématographique dans une bonne vieille salle de ciné qui fleurait bon le popcorn et autres "mets" sucrés/salés ensachés.

    Après,un descriptif souvent très détaillé, nous avions ensuite le droit au must de la soirée, qui allait du film de guerre au western spaghetti... Le tout donnait formidablement envie de retrouver l'ambiance d'une salle de ciné. A cette période, les jeunes squattaient littéralement les salles qui étaient parfois devenues des lieux de drague...

    Et aujourd'hui, quel avenir pour les cinémas ? Petite synthèse de la situation actuelle, auréolée de quelques chiffres clés et d'une conclusion personnelle.

     

    La fréquentation des salles de cinéma/typologie du public

     

    Les très jeunes (18/24 ans) délaissent aujourd'hui le cinéma au profit des plates-formes de streaming, comme le souligne cet article du figaro ou celui-ci, de Télérama.

    Les raisons de cette désertion ? le prix des places est souvent évoqué, lui qui avoisine les 10 euros (source ici). Lorsque l'on compare les prix d'un abonnement mensuel Netflix ou Amazon, effectivement, la question peut légitimement se poser avec un budget serré (8 euros pour un écran sur Netflix, 50 euros à l'année pour Amazon prime)

    La moyenne d'âge des clients des salles a tout simplement mécaniquement augmenté, pour être de 30 ans aujourd'hui. Les plus de 50 ans représentent quasiment la moitié des clients des salles de cinéma (44%)

    Et la fréquentation des salles obscures en France, dans tout ça ? Elle ne faiblit pas et s'améliore même (source ici) pour atteindre des sommets depuis 53 ans.

     

    Que vont voir les spectateurs au cinéma ?

     

    Essentiellement des films américains (+32% en 2019, source ici). Mais pas seulement. Le cinéma français peut s'enorgueillir de partager 35% des parts de marché des films visionnés dans les salles, soit une baisse de quelques points depuis 2018.

    Inutile de dire que nous avons une fâcheuse tendance à nous faire manger par les américains et les anglo-saxons dans les films d'action ou de guerre en particulier (exception faite ces dernières années du chant du loup).

    A noter que dans les cinq premières places des productions françaises de 2019 figure la Vie Scolaire (1,8 Millions d'entrées)...Tamara Kozo (que j'avais interviewée ici) s'était alors chargée du casting.

     

    BILAN/CONCLUSION 

     

    Dans ces conditions, l'avenir des cinémas de l'hexagone n'apparaît pas mauvais, loin s'en faut. Il n'est pas étonnant d'en voir sortir de terre ici et là.

    Pour autant, il n'y pas vraiment de quoi se réjouir pleinement de ce succès relatif, l'accès au cinéma devenant nettement trop cher pour certaines catégories de la population.

    Par nature, le cinéma devrait être accessible à tous, or, il l'est de moins en moins. La culture ne doit pas devenir un privilège ou une chasse gardée. En outre, les salles devraient varier leurs offres (en particulier en 3D) et leurs abonnements afin de diversifier le public qui a fortement tendance à prendre de l'âge.

     

     

     

     

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